| Le
Café Littéraire luxovien/ des mères
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C'est
l'enfant qui manque à toutes les femmes ―
qu'elles en aient déjà six
ou sept ou qu'elles n'en aient aucun. Il manque aux femmes qui n'en
veulent pas, à celles qui n'en auront jamais, pour rien au monde, à
celles qui en font, à celles qui en veulent. Il manque aux femmes qui
avortent, qui ne le gardent pas, à celles qui abandonnent, qui
refusent, à celles qui adoptent, qui choisissent, qui espèrent. Il
manque aux femmes enceintes, aux femmes stériles, aux femmes qui ne
peuvent plus en avoir, aux vieilles femmes. Camille Laurens, Dans ces bras-là |
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Et alors je cédais, et mourus. Et mes enfants naquirent. Joyce
Carol Oates, Un amour noir Chacun
des fils possède sa force particulière, et chacune de mes filles, son
charme bien à elle, et chacun de mes enfants m'est indispensable. Pearl Buck, Je n'oublierai jamais |
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Ce
matin-là, mal réveillée, elle ne s'était pas méfiée du miroir... Claude
Pujade Renaud, Le Sas de l'absence Les
meilleurs ont mâtiné leurs louanges in mémoriam de ces graves
conseils : avec vos mères, soyez doux, soignez-les, parce qu'elles
mourront et que des remords vous poursuivront. Ce sont là de belles
paroles, à ceci près que nul n'entend rien, s'il ne l'a déjà formulé.
La vie n'a qu'un maître, c'est l'expérience ; on apprend ce quelle nous
fait entrer sous les ongles ; la méditation (le reste aussi) passe comme
les nuages. Pierre Perrin, Une mère
Albert Cohen, Le Livre de ma mère
Nous l'avons enterrée hier, et depuis que son pauvre corps inanimé est sorti de cette maison, il me semble que je suis seule sur la terre. On aime sa mère presque sans le savoir, sans le sentir, car cela est naturel comme de vivre ; et on ne s'aperçoit de toute la profondeur des racines de cet amour qu'au moment de la séparation dernière. Aucune autre affection n'est comparable à celle-là, car toutes les autres sont de rencontre, et celle-là est de naissance ; toutes les autres nous sont apportées plus tard par les hasards de l'existence, et celle-là vit depuis notre premier jour dans notre sang même. Et puis, et puis, ce n'est pas seulement une mère qu'on a perdue, c'est toute notre enfance elle-même qui disparaît à moitié, car notre petite vie de fillette était à elle autant qu'à nous. Seule elle la connaissait comme nous, elle savait un tas de choses lointaines insignifiantes et chères qui sont, qui étaient les douces premières émotions de notre cœur. Guy de Maupassant, Fort comme la mort
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