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Le Café Littéraire
luxovien/
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Aimer
Mozart nous semble si bien aller de soi que l'indifférence à son égard
semblerait incongruité. Que nous pensions à la Musique, et son nom nous
vient d'abord, comme s'il la résumait: dans cette oeuvre dont l'ampleur
et la diversité confondent, il n'est de région où les cimes
mozartiennes ne pourraient défier tout autre sommet. Par séduction et
puissance combinées.
...m'efforçant
de capter la radio de Londres, je suis tombé par hasard sur un poste qui
diffusait un de ses divertimenti. J'en ai eu aussitôt le coeur joyeux. Je
l'ai écouté en entier, et le thème familier du minuetto me poursuit
encore et m'enchante. J'adore Mozart, sentiment banal peut-être, mais que
je n'éprouve envers aucun autre musicien. Par sa musique, c'est mon être
entier qui est sollicité, qui entre en résonance avec le monde. Dans ses
moments de plénitude, ma vie bat à son rythme, mon sang court comme sa
musique, ou plutôt je la sens courir dans mes veines comme un sang subtil
et vif.
L'auditeur
en musique n'est pas un interlocuteur. Il est une proie qui s'abandonne au
piège.
Il n'avait jamais entendu une telle musique, jamais rêvé qu'une telle musique pût être jouée! Il avait conscience, pendant que cela finissait, de plonger ses regards jusqu'à ce creuset où beauté et tristesse se fondent, au profond des choses, d'en contempler la poignante nature éphémère comme avec un oeil neuf, interne, et de pénétrer, au-delà du voile, dans l'éternité même -- une vision cosmique imprécise qui se dissipa quand cessa la musique, mais lui laissait le souvenir inaltérable d'avoir été, et le désir passionné d'en porter un jour témoignage ... George Du Maurier, Trilby
Personne
ne lui résiste au fond à la musique. On n'a rien à faire avec son cœur,
on le donne volontiers. Faut entendre au fond de toutes les musiques l'air
sans notes, fait pour nous, l'air de la mort.
J'ai
toujours entendu à travers ce qu'il composa aux derniers jours de sa vie,
par exemple dans l'andante du Concerto pour clarinette, je ne sais
quel tendre reproche à Dieu, une plainte d'enfant déçu, ces larmes de
la créature quand elle se compare à ce qu'elle devait être dans la
pensée du Créateur. Vivre, pour presque tous c'est s'éloigner de ce
paradis dont Mozart rassemble les voix, les rires, les chansons, en une
musique déchirante et qui nous donne un plaisir parfois si terrible qu'il
faut beaucoup de force et de courage pour l'écouter sans larmes.
... c'est qu'on a trouvé, même sans le savoir, dans la forme, la couleur de l'objet; le rythme ou le ton d'un passage littéraire ou musical, l'expression d'une vérité personnelle dont on n'avait nullement conscience, que l'on découvre seulement à son contact. François-René Daillie, Le Divertissement.
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L'homme doit être seul et libre pour laisser naître ce qui est en lui. Julien Burgonde, Icare et la flûte enchantée.
Est-il
plus étonnant de créer un bonhomme à partir d'une motte de terre que de
transformer une planche de sapin en stradivarius? La musique n'est-elle
pas un miracle aussi grand que la pensée ?
– Aimez-vous
la musique, madame ? Guy de Maupassant, Mont-Oriol
Comme
beaucoup de musiciens, je répugne à écouter de la musique: cela émeut
toujours trop, et puis cela émeut en vain, ou cela plonge dans le dépit
de ne pouvoir rivaliser avec l'interprète qu'on est en train d'écouter,
ou cela emplit de colère devant la nullité.
Vous entendez le deuxième mouvement du concerto pour clarinette, de Mozart
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