| Le Café Littéraire luxovien /L'éternité | ||||
Le soir qui venait épargnait encore les glaces où le ciel, face au balcon, jouait au rose et bleu; le parquet ne craquait pas sous les pas des fantômes, des Guarnari, Baldini, Sforza, qui venaient ici jadis bercer leurs loisirs, mais sous les morsures de cette heure humide où s'alourdissaient les senteurs et les regrets; Danthès n'arrivait pas à rompre avec les ombres. Cette grisaille glissait sur lui comme une gomme maternelle, l'aidait à exister moins, à s'atténuer; le monde matériel retournait à un état d'esquisse; ses clameurs finissaient dans la musique du silence; les grands rythmes respiratoires n'étaient plus qu'un souffle; la conscience glissait lentement au fil des moments oubliés par le Temps et dans une immobilité de l'instantané frappé d'éternel: celle de la longue chevelure noire d'Isis se muant en fleuve, sur le tableau de Clémentius Ghelrode, à Berne. Romain Gary, Europa
Je pris le volume et l'ouvris au hasard: la plupart des propos et des descriptions étaient trop difficiles pour moi, mais je tombai sur quelques lignes où des personnages, assis au bord du Nil (savais-je où situer le Nil sur la carte?), regardaient une barque à voile pourpre (savais-je ce qu'était la couleur pourpre?) avancer, poussée par le vent, vue au coucher du soleil sur le fond vert des palmeraies et le fond doux du désert. Je sentais que le soleil couchant avivait ce paysage; les personnages, dont peu m'importe le nom, regardaient «la barque passer». Un sentiment d'émerveillement m'envahit, si fort que je refermai le livre. La barque a continué à remonter le fleuve, consciemment ou inconsciemment, dans ma mémoire pendant quarante ans; le soleil rouge à descendre à travers la palmeraie ou sur la falaise, le Nil à couler vers le nord. J'allais un jour voir sur ce pont pleurer un homme à cheveux gris. Marguerite Yourcenar, Quoi? L'Éternité
― Il a oublié, oublié, mais il cherche. Il trouvera un jour. Ne sommes-nous pas tous très malheureux d'être étrangers à ce que nous aimons. Un visage nous donnerait l'éternité. Mais quel visage sur cette terre? André Dhôtel, Le train du matin
La reine : William Shakespeare, Hamlet
Nous revenons alors à Magna sed Apta, tous deux attristés par ce déplorable accident, pour nous interroger sur ces merveilles, en parler, nous en étonner, pénétrés au plus profond de notre cœur par le sens obscur de quelque pouvoir vaste et mystérieux, latent dans le subconscient de l'homme ― inconnu et inimaginé jusqu'à présent, mais le reliant à l'Infini et à l'Éternel. George Du Maurier, Peter Ibbetson
En parlant de son corps qui vieillit et se dégrade, Zoé parle aussi d'elle, de l'image qu'elle a d'elle-même et de celle qu'elle voudrait offrir au regard des autres. en s'adressant aux dermatologues, Zoé leur demande, comme Dorian Gray au Diable, de la faire habiter un corps et une peau inaltérables, capables de masquer éternellement aux yeux de tous des failles psychiques, anciennes et secrètes. Sylvie Consoli, La tendresse (de la dermatologie à la psychologie)
Il semble qu'aux origines, le miroir corresponde à la recherche concrète de ce double de nous-mêmes, de cet autre qui serait en quelque sorte l'âme, pour utiliser un vocabulaire qui nous est familier, de cet esprit qui agit en nous et qui se prolonge au-delà de notre condition terrestre; et par conséquent le premier acte du miroir, l'acte fondateur de la glace, ce serait un moyen de concilier le temps terrestre et ce temps céleste qui s'appelle l'éternité. Claude
Mettra, Au delà des portes du rêve
Regardant la vieille, il a murmuré: «Et quel temps fut jamais si fertile en miracles?» Un ver de Racine. Alors Macha, dans un effort inespéré pour faire surgir de sa mémoire quelques mots de français appris à Saint Pétersbourg, parvient à former quelques phrases. L'homme lui répond. Il emploie des mots très simples, esquisse quelques gestes inachevés. Cela suffit à la vieille dame pour savoir que cet homme a perdu ce qui fait l'essence même de l'humanité: la conscience de l'espace et du temps. Il erre parmi les visions floues que lui renvoient ses yeux. Il est accoudé à cette table comme s'il ne devait plus y avoir ni d'avant ni d'après. Il est l'éternité aux pieds gelés, l'infini de l'âme qui déraisonne pour sonner juste. Christelle Ravey, Étrennes de Russie
Jeudi matin précisément je me trouvais dans le jardin pour faire un brin de causette à un jeune chou frisé dans l'intention de stimuler sa croissance et l'encourager à se tenir prêt pour la prochaine potée quand, soupçonnant une présence importune dans mon dos, je me retourne. Planté raide comme un piquet entre un rang de scaroles et un carré de ciboulette, me fait face tout d'un coup une espèce de grande viande toute en nerfs, l'œil sec et l'air aussi avenant qu'une équation algébrique à trois inconnues. Je suis tombé sur une adventiste du septième jour à ce qu'il me semble (...) Mon illuminée m'entreprend aussitôt sur son obsession favorite: «Est-ce que vous savez que la seconde venue du Messie est imminente, possible peut-être avant l'apéro de midi?...― S'il n'atterrit pas en catastrophe dans mes scaroles ni ne vient piétiner mon potager, je dis, ça sera aussi palpitant pour moi que le dernier France-Angleterre au parc des Princes». Avec des gens qui croient en l'au-delà et en la vie éternelle il faut savoir faire preuve d'une prudence de serpent; leur psychologie reste souvent infantile, leurs réactions incontrôlables et leur sens de l'humour ne dépasse guère celui des bœufs entre eux badinant dans leur étable. J'ai beau lui répéter que pour moi l'éternité est inutile, ma messagère du ciel pique soudain des deux genoux dans mes labours et, mains jointes, se lance à la hussarde dans une obsécration sans fin, suppliant son messie de me remettre dans le droit chemin. À l'entendre hurler de la sorte, je sentirais déjà furieusement le fagot, je suis à un cheveu qu'on me passe le san-benito, l'affaire est pliée d'avance: les flammes de l'enfer me réclament illico presto! Impossible bien sûr de zapper la donzelle pour échapper à sa ténébreuse publicité. Plus rouge de colère qu'une tomate farcie complètement transgénique, je me lance alors, seul au milieu de mes salades, dans un effréné cancan-pattes-en-l'air tout en vociférant des blasphèmes à faire fuir sainte Marguerite-Marie Alacoque, les bienheureuses ursulines de Valenciennes, la petite Thérèse de Lisieux et mon adventiste du septième jour avec, plus loin que Rueil-Malmaison et sa zone industrielle. Pfft!... Pierre Autin-Grenier, L'Éternité est inutile
Malheureusement
le Temps, qui apporte aux animaux et aux légumes épanouissement et déclin
avec une ponctualité étonnante, n'a pas un effet aussi simple sur l'esprit
humain. De plus, l'esprit humain métamorphose avec une égale bizarrerie le
corps du temps. Une heure, dès qu'elle s'abrite dans le curieux habitacle de
l'esprit humain, peut s'allonger jusqu'à durer cinquante ou cent fois ce
qu'indique l'horloge; par ailleurs, une seconde peut suffire pour représenter
avec précision une heure à la pendule que nous avons dans la tête. On ne
connaît pas assez ce décalage extraordinaire entre le temps de l'horloge et
le temps de l'esprit; il mériterait une enquête approfondie. Mais le
biographe, dont les intérêts sont (...) strictement limités, doit se borner
à cette simple remarque: quand un homme a atteint trente ans, comme c'était
le cas d'Orlando, le temps consacré à penser devient excessivement long, et
le temps consacré à l'action excessivement court. C'est pourquoi Orlando
donnait ses ordres et réglait les affaires de ses vastes domaines en rien de
temps. Mais, dès qu'il se retrouvait seul sur la colline au chêne, les
secondes se mettaient à s'arrondir et à se gonfler comme si elles ne
devaient jamais s'égrener. De plus, elles se gonflaient des objets les plus
étrangement variés. Non seulement il se trouvait confronté à des
problèmes qui ont laissé pantois les plus sages (Qu'est-ce que l'Amour?
l'Amitié? la Vérité?) mais encore, à peine se mettait-il à y penser que
tout son passé
― lequel lui semblait extrêmement long et varié ― se hâtait
d'investir la seconde prête à s'égrener, la dilatait jusqu'à une
demi-douzaine de fois sa taille naturelle, lui donnait mille teintes et la
remplissait de tout le bric-à-brac de l'univers. Virginia Woolf, Orlando
Il y avait une fois quelques morts assis en groupe dans les ténèbres, ils ne savaient où, peut-être nulle part; ils bavardaient pour passer l'éternité. Pär Lagerkvist, Conte: Le sourire éternel
Lan-ying, peut-être que si tu as accepté de revenir au monde et d'y rester
encore, c'est dans le dessein de m'apprendre à dialoguer, enfin
véritablement, avec toi, non seulement par le corps, mais par l'âme. Comme
l'étranger, tu crois à l'âme, n'est-ce pas, cette chose qui ne se
détériore ni ne pourrit, seule capable de défier le temps. Il y a tant de
choses entre homme et femme qui n'ont pas été dites et qui ne veulent pas
être dites. Ce qui est à dire est l'infini même que l'éternité
n'épuisera pas. Peut-être qu'en ce monde, tu attends que je sois
suffisamment dépouillé de l'intérieur, suffisamment prêt à ce dialogue
avant de me faire signe? François Cheng, L'Éternité n'est pas de trop
― «
Dites-moi
maintenant, Orlando! combien de temps voudrez-vous d'elle quand vous l'aurez
possédée? Georges-Emmanuel Clancier, L'Éternité plus un jour
L'éternité n'est pas la fin de temps, venais-je de comprendre, mais le temps lui-même, le cœur du temps, le plus fragile battement de cils de l'instant, l'abîme d'un clin d'œil... Marc Petit, Le nain géant
J'ai sombré et sombré et sombré, l'eau s'infiltrait dans mes oreilles, ma bouche, jusqu'à ce que je la sente se refermer au-dessus de ma tête. Cela, me suis-je dit, c'est se noyer. Une éternité sembla se passer sous l'eau... Virginia
Woolf, Terrible tragédie dans la mare aux canards
La vie me paraît trop courte pour que nous la passions à entretenir notre animosité ou à enregistrer nos griefs. Inévitablement, tous tant que nous sommes, nous sommes accablés de défaites en ce monde; mais le jour viendra bientôt où, je crois, nous nous en déferons en nous défaisant de nos corps éphémères, où la déchéance et le péché se détacheront de nous en même temps que notre pesante enveloppe de chair, et où il ne nous restera que l'étincelle de l'esprit, le principe impalpable de la vie et de la pensée, aussi pur qu'au jour où il a quitté le Créateur pour venir animer sa créature; il retournera d'où il est venu, peut-être pour être donné de nouveau à quelque être supérieur à l'homme, peut-être pour franchir les étapes de la transfiguration, depuis la pâleur de l'âme humaine jusqu'à l'éclat du séraphin! Jamais assurément il ne lui sera permis de dégénérer au contraire en descendant de l'homme au démon. Non, je ne puis croire cela; je professe une autre croyance, que nul ne m'enseigna jamais, que j'évoque rarement, mais qui fait ma joie et à laquelle je m'accroche, car elle offre l'espérance à tous; elle fait de l'éternité un repos, un vaste foyer, et non point une terreur et un abîme. Charlotte Brontë, Jane Eyre
Je ne sais si c'est une disposition qui m'est particulière, mais il est rare que je ne me sente pas presque heureuse quand je veille dans une chambre mortuaire, pourvu qu'il n'y ait pour partager ce devoir avec moi personne qui gémisse ou se désespère. J'y vois un repos que ni la terre ni l'enfer ne peuvent troubler; j'y trouve l'assurance d'un au-delà sans bornes et sans ombres ―l'Éternité enfin conquise― où la vie est illimitée dans sa durée, l'amour dans son désintéressement, la joie dans sa plénitude. Émily Brontë, Les Hauts de Hurle-Vent
Je me demande là... même dans mon état, moite et grelotte, ce que peut foutre Achille avec ses cents millions par an?... cash! dans les derrières?... des petites morues? ou son cercueil?... il peut drôlement se le faire orner, marqueter, son super-cercueil!... capitonner tout soie bleu ciel festons résilles larmes d'argent... et pour sa tête? le polochon d'Éternité!... duvet d'or et roses pompons!... il sera mimi Chapelle ardente... éternel Achille! enfin son vilain œil clos!... son horrible sourire ravalé!... il sera regardable, mort. Louis-Ferdinand Céline, D'un château l'autre
Tout ce qu'il y avait de beau et qui a disparu a sa place dans l'éternité, mais l'éternité est pour ainsi dire pour les autres. Tarjei Vesaas, La barque le soir
Il n'y avait, hélas! pas d'autre pouvoir supérieur que celui de l'art, et le Baron se rappelait que Goethe lui-même avait délégué à Faust sa créature Méphisto, pour lui donner une jeunesse éternelle, en échange d'une chose dont le maître de Weimar avait du reste le plus grand besoin pour nourrir son œuvre littéraire. Et c'était vrai que le Faust de Goethe n'avait point vieilli. Romain Gary, Europa
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(...) Reliques de saint, reliques de mâle, reliques de vierges.
Dans le presbytère du Mesnil, à deux pas de saint Jérôme, existe un
très vieux livre, exposé à la vue de tous, où ces trois éléments
se retrouvent, dans une sorte de recette de cuisine. Fred Vargas, Dans les bois éternels
Ainsi, le jour venu, tes cendres: une moitié donnée en nourriture au frêne ainsi qu'à l'alisier, pour y monter s'épanouir à la lumière, contempler les saisons au jardin et la course du ciel au-dessus du pays, l'autre mêlée aux eaux ―non de l'étang, inutile de s'y attarder― mais de la cascade du déversoir, pour prendre l'éternel périple et aborder aux rivages les plus lointains de cette terre. Tu ne refuserais pas, s'il se pouvait, quelques échappées vers les planètes ―mais quand?― quelques grains oubliés, qui sait, dans une antique tabatière. Et une distance telle, qu'elle rétablirait le temps dans sa lenteur et dans son épaisseur! On peut rêver... François-René Daillie, Les eaux du Pré-au-Loup
La mousseline pleut abondamment devant les fenêtres et devant le lit ; elle s'épanche en cascades neigeuses. Sur ce lit est couchée l'Idole, la souveraine des rêves. Mais comment est-elle ici Qui l'a amenée? quel pouvoir magique l'a installée sur ce trône de rêverie et de volupté? Qu'importe? la voilà, je la reconnais! Voilà bien ces yeux dont la flamme traverse le crépuscule; ces subtiles et terribles mirettes, que je reconnais à leur effrayante malice Elles attirent, elles subjuguent, elles dévorent le regard de l'imprudent qui les contemple. Je les ai souvent étudiées, ces étoiles noires qui commandent la curiosité et l'admiration. À quel démon bienveillant dois-je d'être ainsi entouré de mystère, de silence, de paix et de parfums? Ô béatitude! ce que nous nommons généralement la vie, même dans son expansion la plus heureuse, n'a rien de commun avec cette vie suprême dont j'ai maintenant connaissance et que je savoure minute par minute, seconde par seconde! Non! il n'est plus de minutes, il n'est plus de secondes ! Le Temps a disparu, c'est l'Éternité qui règne, une Éternité de délices! Mais un coup terrible, lourd, a retenti à la porte, et, comme dans les rêves infernaux, il m'a semblé que je recevais un coup de pioche dans l'estomac. Et puis un Spectre est entré. C'est un huissier qui vient me torture au nom de la loi ; une infâme concubine qui vient crier misère et ajouter les trivialités de sa vie aux douleurs de la mienne ; ou bien le saute-ruisseau d'un directeur de journal qui réclame la suite du manuscrit. (…) Horreur! je me souviens! je me souviens! Oui ! ce taudis, ce séjour de l'éternel ennui, est bien le mien. (…) Oh! oui! le Temps a reparu; le Temps règne en souverain maintenant; et avec le hideux vieillard est revenu tout son démoniaque cortège de Souvenirs, de Regrets, de Spasmes, de Peurs, d'Angoisses, de Cauchemars, de Colères et de Névroses. Je vous assure que les Secondes maintenant sont fortement et solennellement accentuées, et chacune, en jaillissant de la pendule, dit : ― "Je suis la Vie, l'insupportable, l'implacable Vie!" Il n'y a qu'une Seconde dans la vie humaine qui ait mission d'annoncer une bonne nouvelle, la bonne nouvelle qui cause à chacun une inexplicable peur. Oui ! le Temps règne ; il a repris sa brutale dictature. Et il me pousse, comme si j'étais un bœuf, avec son double aiguillon. ― "Et hue donc! bourrique! Sue donc, esclave! Vis donc, damné! Baudelaire, La chambre double (dans Petits poèmes en prose)
Par ce récit d'outre-tombe, il imaginait le drame qui se déroule perpétuellement dans l'univers, et son cœur était plein de pitié; Tout saignant des maux innombrables dont ce qui vécut avait souffert avant lui, pilant sous le poids de ces vains efforts accumulés dans l'infini des temps, le zartog Sofr-Aï-Sr acquérait, lentement, douloureusement, l'intime conviction de l'éternel recommencement des choses. Jules Verne, L'éternel Adam
Elle tentait d'imaginer un monde d'où la mort serait exclue, ce monde-là deviendrait démentiel avec l'enchevêtrement des générations, l'encombrement, les haines perpétuées, la confusion, les détresses, les maladies sans limites, les conflits jamais dénoués, les temps jamais révolus... L'horreur d'une éternité parfaitement inhumaine. Peut-être que la vie même y perdrait son sens. «Dans sa sagesse la vie inventa la mort», se disait-elle. Andrée Chedid, Le Message
«Je veux qu'ils aiment les eaux vives des fontaines. Et la surface unie
de l'orge verte recousue sur les craquelures de l'été. Je veux qu'ils
glorifient le retour des saisons. Je veux qu'ils se nourrissent, pareils
à des fruits qui s'achèvent, de silence et de lenteur. Je veux qu'ils
pleurent longtemps leurs deuils et qu'ils honorent longtemps les morts,
car l'héritage passe lentement d'une génération à l'autre et je ne
veux pas qu'ils perdent leur miel sur le chemin. Je veux qu'ils soient
semblables à la branche de l'olivier. Celle qui attend. Alors
commencera de se faire sentir en eux le grand balancement de Dieu qui
vient comme un souffle essayer l'arbre. Il les conduit puis les ramène
de l'aube à la nuit, de l'été à l'hiver, des moissons qui lèvent
aux moissons engrangées, de la jeunesse à la vieillesse, puis de la
vieillesse aux enfants nouveaux. Antoine de Saint-Exupéry, Citadelles
C'est dans l'éternité que, dès à présent, il faut vivre. Et c'est dès à présent qu'il faut vivre dans l'éternité. Qu'importe la vie éternelle, sans la conscience à chaque instant de cette durée. André Gide
...l'Univers doit, de nécessité physique ou psychologique
(cela revient au même ici), posséder certaines propriétés
correspondant aux exigences fonctionnelles d'une activité réfléchie:
sans quoi c'est l'atonie, ou même le dégoût, qui montent à coup sûr
dans la masse humaine ―
neutralisant ou inversant toute vigueur propulsive au coeur de la Vie. Pierre
Teilhard de Chardin
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