Le Café Littéraire luxovien
/Rencontre avec un écrivain
(1)

 

 

 

 


Table d'auteurs à Luxeuil
avec
Yves Couturier, Arnaud Friedmann, Michèle Larrère, Brigitte Muller, Jeanne Parat et Sylvie de Saint-Barthélémy .

      À l’initiative du Café littéraire luxovien, c’est dans une ambiance fort  sympathique que les six auteurs invités ont dédicacé leurs ouvrages le 7 avril 2013, lors du dernier vide greniers de la saison qu'organisait le Cercle de Loisirs et d'Échanges Culturels (CLEC-MJC), grande salle polyvalente, rue du Colonel Thiénault à Luxeuil. Une occasion pour ces auteurs d’échanger avec le public, mais aussi de se découvrir mutuellement et de tisser des liens.

Dédicace à Luxeuil 7 avril 2013 - Photo Damien Gravier
Arnaud Friedmann, Yves couturier, Sylvie de St-B., Michèle Larrère, Brigitte Muller et Jeanne Parat  en compagnie de, sur la gauche, Gilles Franc (Administrateur du CLEC) et Marie-Françoise Godey (Café littéraire luxovien)- Photo: Damien Gravier

 

Dédicace à Luxeuil le 7 avril 2013 - Photo M-F. G
Arnaud Friedmann, Jeanne Parat, Sylvie de St-B., Brigitte Muller et Michèle Larrère - Photo: M-F.G

 

 

Rencontre avec Jean-Philippe Bernié

 


Le Café Littéraire luxovien, recevait 
Jean-Philippe Bernié
 l'après-midi du 
29 juin 2012 au CLEC
rue Salvador Allende à Luxeuil

Jean-Philippe Bernié au Café littéraire de Luxeuill
Jean-Philippe Bernié et M-F Godey 
à Luxeuil              Photo: Roberte Burghardt

par Marie-Françoise:

      S'il possède un doctorat de génie chimique, Jean-Philippe Bernié a toujours été attiré par la littérature. Après avoir travaillé dix années à l'université McGill, il est à présent consultant à son compte et gère plus facilement son emploi du temps. Grand lecteur, entre autres, de romans policiers, il écrivait déjà des nouvelles, et s'est attelé (tout naturellement dans ses centres d'intérêt: policier, milieu de la recherche universitaire qu'il connaît bien, sciences techniques) à un roman de plus longue haleine: Quand j'en aurai fini avec toi, paru dans une maison d'édition conséquente du Canada: La courte échelle.
      Des éditions qui portent bien leur nom, d'ailleurs. Tant elles font effectivement "la courte échelle" aux auteurs qu'elles décident de soutenir.
      Et Jean-Philippe Bernié de nous dévoiler largement les coulisses du parcours éditorial qui fut le sien jusqu'à la parution de son livre, et au-delà.
      Une somme de travail. Deux années d'écriture personnelle tout d'abord, concomitamment à sa vie professionnelle. Puis, une fois que l'éditeur (en l'occurrence, Geneviève Thibault, directrice 'littéraire), neuf mois après avoir reçu le manuscrit le contacta en vue de l'éditer, une reprise point par point de tout le texte pour l'améliorer, éliminer les éventuelles erreurs de syntaxes, les redites, les anglicismes, les idiotismes français qui ne correspondaient pas au cadre montréalais, les adverbes superflus, les "ditilismes" des dialogues, améliorer la ponctuation, etc., etc. Une fois le texte mis en pages avec un logiciel spécial, un nouveau travail de correction fut nécessaire, puis un troisième encore avant l'impression finale… Travail que tout bon éditeur propose et effectue, en synergie avec ses auteurs. Travail considéré par Jean-Philippe Bernié comme un réapprentissage du français, une amélioration de son travail, de son écriture pour ses ouvrages à venir. Car si l'éditeur se donne tout ce mal, c'est que, dans sa ligne éditoriale, ce livre ne doit pas demeurer orphelin. Il doit avoir une suite, faire partie d'une série. Ce avec quoi, Jean-Philippe Bernié est bien d'accord qui n'envisageait pas de s'arrêter à un seul titre, et qui accepte les remarques pertinentes des professionnels. Comme il accepte la forme matérielle que réalise le maquettiste, le choix de l'illustration de couverture, le texte d'accroche de quatrième de couverture conçus par des professionnels, et même le changement de titre proposé par l'éditrice,
Quand j'en aurai fini avec toi, plus accrocheur que, Une erreur de jugement, dont il avait initialement doté son roman. 
      Nous devinons que, de cette aide considérable de l'éditeur, ne profitent pas, évidemment, les auteurs qui n'admettent pas les remarques, refusent les modifications et qui, impatients de se voir éditer, s'auto-éditent, c'est si facile de nos jours de le faire.
      Tout ce travail de correction avec l'éditeur, afin de rendre l'œuvre la plus parfaite possible, les simples lecteurs ne le soupçonnent évidemment pas, qui n'imaginent pas que l'éditeur puisse intervenir en quoi que ce soit dans le manuscrit d'un auteur. Qui croient que l'auteur écrit bien tout de suite. Peu d'auteurs en parlent, gardant ainsi une auréole de perfection aux yeux de leurs lecteurs. Jean-Philippe Bernié a le mérite de nous l'avoir en toute simplicité, avec aisance et clarté, expliqué. Non comme une imperfection de l'auteur, mais comme une étape nécessaire qui fait partie de l'édition, lorsqu'on veut se donner à lire.
      Car il s'agit de satisfaire le lecteur, de lui proposer un texte de qualité, qui le retienne, qui le distraie. Jean-Philippe Bernié insiste beaucoup sur le fait qu'il écrit avant tout pour le lecteur, en ne pensant qu'au lecteur, que chez lui, celui-ci est central. Qu'il n'écrit pas de manière intimiste, ni pour faire passer un message avec un grand M. Même si, dans son roman, en nous mettant au fait de ce qui se passe de pas très propre dans les coulisses des grands lieux du savoir, il nous apporte une sorte de message tout de même. Et puis, il est très attentif  à nos remarques et répond amplement à nos nombreuses questions.
      Quant à sa manière de travailler, Jean-Philippe Bernié nous confie : «Lorsque je me mets à ma table de travail, l'idée générale, bien sûr, est là, j'ai les deux ou trois scènes suivantes en tête, mais les détails viennent en écrivant et les personnages me dirigent.»
      Pour typer son personnage principal: «Je me suis demandé quels sont dans les films, les méchants que j'aime : Une blonde, hitchcockienne, froide, garce, char d'assaut d'un mètre cinquante à soixante. Genre Catherine Deneuve, Isabelle Huppert, Catherine Frot, etc. » Et pourquoi, préférer un personnage féminin ? «Parce que celles-ci ont plus de "gamme" que les hommes. Dans le sens où l'on accepte qu'une femme se comporte comme un homme, pas l'inverse.»
      Les personnages qui gravitent autour de son héroïne, ou plutôt de son anti-héroïne, dénommée Claire Lanriel, que l'on pourra suivre dans ses tomes ultérieurs, sont nombreux, et lorsqu'on fait remarquer à leur auteur que l'un d'eux, Éric, a le même parcours que lui, ingénieur français venu s'installer au Québec, il avoue mettre un peu de lui-même dans chacun de ses personnages. Personnages qu'il aime voir évoluer, dit-il, nous déclarant, que ceux, trop ternes et trop statiques, il les fait "disparaître" dans les tomes suivants.
      Lui-même, n'aime-t-il pas évoluer? Qui, diplômé en France, partit travailler au Québec, puis de poste en Université, s'est fait Consultant, et se lance à présent dans la littérature. Nul doute qu'il percera dans ce domaine, soutenu par son éditeur, et par les lecteurs qui peu à peu ne vont pas manquer de le découvrir, d'apprécier ses ouvrages. Il en a l'étoffe en tout cas.

Jean-Philippe Bernié © M-F G
Jean-Philippe Bernié entouré de quelques membres 
du Café littéraire luxovien 
Photo M-F G

(lien vers une deuxième rencontre en août 2013)

 

 

"Sous un chemin d'étoiles" avec Jeanne Parat-Didier

 


Jeanne Parat-Didier 
présentait son 
carnet de route 
du Puy-en-Velay à Compostelle 
le jeudi 26 avril 2012 
à la Bibliothèque Municipale 
de Luxeuil

Jeanne Parat-Didiert à Luxeuil © M-F G
Jeanne Parat-Didier à Luxeuil
Lecture  

 

 

Un peu d'Histoire avec Aimé Richardt

 

Le Café Littéraire luxovien, recevait 
Aimé Richardt 
 l'après-midi du 
25 juin 2010 au CLEC (Cercle de Loisirs et d'Echanges Culturels, Centre Social du Stade de Luxeuil )

Aimé Richardt à Luxeuil © M-F G
Aimé Richardt à Luxeuil
Photo : Marie-Françoise Godey

par Marie-Françoise:

      Discret et inconnu du grand public, Aimé Richardt, né en 1934 à Remiremont (dont l'ouvrage sur Fénelon, paru en 1993 aux éditions In fine, a obtenu le Grand Prix d'Histoire de l'Académie Française), vit sa retraite en Haute Saône dans un petit village proche de Dampierre les Conflans, en rédigeant des ouvrages historiques. Il venait en voisin parler livre, et chose rare, "offrir" les trois derniers parus : La Vérité sur l'affaire Galilée, Luther, et Calvin.

      S'il lui arrive de côtoyer le gotha, lors d'une Soirée du Grand Siècle donnée à la résidence Maxim's, au cours de laquelle lui fut remis le Prix Hugues Capet pour son livre Le Soleil du Grand Siècle , les membres et amis du Café Littéraire luxovien ont découvert en Aimé Richardt un homme tout à fait affable et généreux, qui, pour une fois faisant fi de l'étiquette osa tomber la veste devant le public simple et décontracté lui aussi, tandis que par la fenêtre grande ouverte en ce beau jour d'été, dans le feuillage des platanes, les oiseaux s'en donnaient à cœur joie.

      Aimé Richardt resta toutefois très secret sur lui-même, sur sa vie personnelle, sur l'activité professionnelle qui fut sienne dans la physique des ions , mais fut très disert et presque intarissable sur les sujets de ses livres qu'il connaît sur le bout des doigts.

      Cet auteur navigue en effet allègrement dans les XVIe et XVIIe siècles depuis de nombreuses années. Son premier ouvrage, sur Bossuet, parut dès 1993. Puis il présenta Fénelon, Bourdaloue, Colbert, Louvois, Louis XIV, Le jansénisme, La Régence, Les médecins du Grand Siècle, Les savants du Roi-Soleil, Saint Robert Bellarmin, Louis XV, Galilée, Luther… et enfin Calvin, en janvier 2010. Des grandes figures et des thèmes on le voit… toujours en rapport avec la religion. Et s'il a choisi ces siècles-là, c'est peut-être, dit-il, parce qu'il a lu en entier Saint Simon. 
      Ses livres sont parus principalement aux éditions In fine, puis Tallandier, à présent aux éditions François-Xavier de Guilbert, plusieurs titres ont été repris par Le Grand Livre du mois. C'est dire qu'il s'attache à rendre ses écrits vivants et accessibles au lecteur non initié. Son lectorat est le plus souvent celui des abonnés des bibliothèques, les livres d'Histoire, étant achetés de préférence par elles.

      Aimé Richardt dévoila sa technique de travail, des plus simple assure-t-il, synthèse d'ouvrages précédemment parus sur les sujets choisis. Ouvrages accessibles de nos jours grâce à Amazone, et, pour les sujets religieux à la Bibliothèque Diocésaine de Besançon, très bien documentée. Ayant soin de ne pas reproduire les erreurs, en s'appuyant pour ce sur la notoriété des auteurs et les écrits d'époque et des sujets eux-mêmes, ainsi Luther a écrit, Calvin a écrit.

      Après, Calvin, paru en janvier dernier, le livre suivant, sur Érasme, est déjà chez l'imprimeur: « Ce fut un bonheur que d'écrire ce bouquin. Car, à la différence des personnages malfaisants des livres précédents, tels Calvin qui était certainement le plus déplaisant des Réformateurs, Érasme était un philosophe et le grand humaniste du XVI e siècle. Il a essayé de concilier les Réformés et les Catholiques et disait qu'une mauvaise paix vaut mieux qu'une guerre juste. Érasme toute sa vie a été un individualiste forcené, mais d'une intelligence lumineuse, et plein de bon sens, donc personne ne l'a écouté, bien sûr... » , constate Aimé Richardt. 
      Et son épouse de révéler :  «Vous avez Henri VIII que vous allez bientôt nous faire connaître.»
      Le livre suivant est donc déjà sur le métier ! Avec une vingtaine d'ouvrages à son actif, dont quelques-uns sur des sujets de physique, Aimé Richardt ne chôme décidément jamais ! On sent bien que pour lui, écrire et faire partager l'Histoire est un réel plaisir.

Aimé Richardt à Luxeuil © M-F G
Aimé Richardt à Luxeuil
Photo : Marie-Françoise Godey



   
       Conteur dans l'âme, aimant échanger et discuter avec les lecteurs, Aimé Richardt fit sourire et rire en agrémentant ses propos de quelques boutades et anecdotes plaisantes. Tout cela sur un ton égal et mesuré, d'une voix qu'il ne force jamais, qui porte à l'attention.

 

 

En chemin avec Michel Brouillard

 

À l'invitation de 
la Bibliothèque Municipale de Luxeuil , 
Michel Brouillard venait en voisin 
à Luxeuil, 
le jeudi 12 mars 2009, 
parler de son ouvrage "Mon chemin"

Michel Brouillard à Luxeuil © M-F G
Michel Brouillard à Luxeuil
Photo : Marie-Françoise Godey

par Marie-Françoise:

      Qui ne ressent au fond de soi, le désir secret d'effectuer au moins une fois dans sa vie un voyage vers un lieu paradisiaque, mythique ou chargé d'histoire, ou même, pas à pas d'effectuer un pèlerinage? Celui-là est inscrit dans nos gênes, qu'on le sache ou non, qu'on le concrétise ou non. Il est issu d'une tradition religieuse ancestrale, quelle qu'elle soit. Et les pèlerins actuels n'y échappent pas, qu'ils fassent le chemin de Compostelle par conviction religieuse ou par défi physique ou mental lancé à eux-mêmes, car nul n'est besoin d'être dévot pour "pèleriner". 
      Ainsi en est-il de Michel Brouillard, qui, la retraite venue, en cure à Vichy, après avoir conversé avec des personnes équipées pour la marche qui avaient fait le pèlerinage à Compostelle, s'est dit soudain : "Pourquoi ne le ferais-je pas?". 
      Du désir à la prise de décision puis au passage à l'acte il y a cependant un grand pas, que Michel Brouillard a fini par franchir.
      C'est pour l'entendre conter son aventure particulière et questionner l'homme qui a osé passer du rêve à sa concrétisation, que nombre de lecteurs et amis étaient venus le rencontrer à la bibliothèque municipale de Luxeuil. 
      Comment se préparer au voyage, mentalement, physiquement, matériellement? Mieux vaut-il partir seul ou accompagné? Comment ne pas se perdre en chemin? Gîter la nuit? Se nourrir? Quels peuvent être les échanges avec les autres pèlerins? Et les pensées qui viennent en marchant, solitaire, parfois sur des dizaines et des dizaines de kilomètres? Les dangers? Comment ne pas céder au découragement qui vient immanquablement devant les difficultés rencontrées, les conditions climatiques pas toujours idéales, le manque de confort, les problèmes physiques, ampoules, campes et autres tendinites? Car le chemin se fait à pied au gré des forces et possibilités de chacun. Et nombre sont forcés d'abandonner. 
      Mais Michel Brouillard, parti seul de Luxeuil-les-Bains pour se rendre à Saint Jacques, s'est accroché, volontaire et tenace,à son chemin: 1500 kilomètres en deux mois. Il y a vécu bien des "galères" qui rétrospectivement sont pour lui d'excellents souvenirs. 

Michel Brouillard à Luxeuil © M-F G
Michel Brouillard à Luxeuil 
Photo : Marie-Françoise Godey

       Comme nombre de pèlerins, il avait emporté dans son sac à dos un cahier et noté ses impressions de chaque jour. Sur la suggestion de sa compagne, il a fini par conter son expérience dans un livre: "Mon chemin", écrit sans prétention littéraire, mais avec sincérité et  humour, nourri d'anecdotes multiples. Cela, afin que son voyage ne se perde pas, qu'il puisse le partager avec sa famille, ses amis, ses connaissances et les autres, et qui sait, faire des émules?

      Réalisant de la sorte "après le défi du chemin, celui du bouquin", car, précédemment, à part des rapports de bureau pour son travail Michel Brouillard, n'avait jamais "écrit ". 
      Une façon peut-être aussi pour lui d'apporter sa petite pierre comme certains pèlerins qui  posent la leur sur des stèles qui jalonnent le parcours parmi celles, très nombreuses, de tous ceux qui "font le chemin", puis l'écrivent. Et parce qu'une telle expérience est si forte qu'elle marque à jamais une vie.

Lecture

 

 

A la découverte de Marise Querlin, l'énigmatique

 

Michèle Larrère ©Jean-Luc Molle
Michèle Larrère  (à gauche) 
Photo : Jean-Luc Molle

Michèle Larrère 
présentait 
Marise Querlin et son oeuvre 
aux membres et amis du 
Café littéraire luxovien
 au CLEC, le 29 février 2008

par Marie-françoise:

     Michèle Larrère, auteur du livre Marise Querlin, l'énigmatique, présentait avec brio cette femme, journaliste, écrivain qui fit parler d'elle dans les années 1920-1960. Et qui, sa vie durant s'est engagée sur des sujets brûlants : la drogue, l'alcoolisme, les enfants abandonnés, les filles mères, l'homosexualité des femmes, l'amour éphémère.
      "La biographie de Marise Querlin n'a pas été facile à établir. D'abord parce qu'il n'y a plus de témoignage direct, ses contemporains étant décédés, et s'il est reconnu que si tout auteur met un peu de lui-même dans ses ouvrages, Marise Querlin ne s'en est pas gênée et en plus a pris plaisir à brouiller les cartes. Cependant les quelques informations que j'ai glanées ça et là étaient des sources précieuses de renseignements qui m'ont permis d'émettre des hypothèses qui ne sont toutefois pas vérifiées." confia notre conférencière.
      Un doute plane en effet sur les origines familiales de
Marise Querlin, Marie-Louise Quinlin pour l'Etat civil. Doute qui s'est transformé en légende dans la famille de Michèle Larrère: Cet auteur qui défrayait la chronique, au point que ses critiques parvenaient jusque dans les coins les plus reculés des campagnes, serait de leur famille. Le grand père de Michèle Larrère, en effet, se souvenait que lorsqu'il était adolescent on parlait d'une tante qui s'appelait Marie. Tante que son père, Louis, chassa lorsqu'elle se retrouva enceinte sans vouloir dévoiler le nom du géniteur de l'enfant. Ce qui ressemble trop aux thèmes des oeuvres de Marise Querlin pour que cette Marie ne soit pas sa mère. D'autant que le nom de la branche familiale de Marie, était précisément : Querlin. Querlin, nom d'auteur utilisé plus tard par l'enfant qui écrit. Car Marise Querlin, qui ne fréquenta que peu sa mère et fut élevée dès l'âge de dix ans dans des pensionnats, fut vraisemblablement une enfant naturelle. Et eut, elle aussi une enfant naturelle. Mais ceci est une autre énigme, que Michèle Larrère aborde également dans son livre.
      Michèle Larrère présentait donc la vie chargée de mystères ainsi que la bibliographie exhaustive de cet écrivain et journaliste que fut Marise Querlin. Elle accompagnait sa prestation de nombreux documents photocopiés d'époque. Evoquait les œuvres que Marise Querlin publia sous pseudonyme : Un ouvrage poétique sous celui de Nelly Dward. Et d'autres textes, parus en collectifs, ou seule, sous un troisième nom. Que Michèle Larrère tait, tant qu'il n'est pas prouvé qu'il s'agît bien du même auteur. Michèle Larrère faisant appel à toute personne susceptible de la renseigner.
      Il sera bon de lire quelques-uns des ouvrages de Marise Querlin assez autobiographiques :
Les égarés, Quand la nuit finira, Condamné à vivre,... ainsi que leurs préfaces. Voire visionner le film : Les enfants de l'amour, dont elle cosigna le scénario et les dialogues avec le réalisateur Léonide Mogui, à la suite d'un reportage et d'un roman du même titre. L'ouvrage de Michèle Larrère: Marise Querlin, l'énigmatique, ne devrait pas manquer de captiver les personnes qui les auront lus et en amener d'autres à les lire, pourvu que ceux-ci soient réédités. 
      Quant à Michèle Larrère, elle-même publia en 1963, alors qu'elle n'avait pas vingt ans, un roman aux éditions du Scorpion, qui connut un certain succès: Tempêtes et accalmies, et découvrit à cette occasion que Marise Querlin figurait dans le catalogue de cet éditeur, ce qui l'incita à lui écrire. Michèle Larrère fut donc en correspondance avec Marise Querlin, qui lui révéla être née Quinlin. Hélas!  une trop grande timidité,  qu'elle regrette aujourd'hui, l'a empêchée de rencontrer celle qui lui disait: "Venez me voir, nous parlerons des Querlin officiels... et officieux".

 

Rencontre avec Yves Couturier

 

A l'invitation du Café littéraire luxovien, 
Yves Couturier était accueilli 
à la Bibliothèque Municipale de Luxeuil, 
le vendredi 18 janvier 2008 à 20 heures  pour présenter son parcours d'écrivain et son dernier ouvrage.

Yves couturier à Luxeuil©Jean-Luc Molle
Yves Couturier à Luxeuil
Photo : Jean-Luc Molle

par Marie-Françoise:

     Yves Couturier, auteur  à l'accent typiquement franc-comtois, présentait ses ouvrages aux membres et amis du Café Littéraire luxovien. Des ouvrages, tous parus à compte d'éditeur, pour la plupart des romans classés en littérature jeunesse mais que beaucoup d'adultes ont plaisir à découvrir et à lire. Des ouvrages qui, on a pu le constater en écoutant les larges extraits lus lors de cette soirée, sont loin d'être marqués par le régionalisme, les situations des personnages y sont souvent extrêmes, plausibles, les thèmes contemporains touchent tout un chacun.

      "Votre écriture c'est plus un mode d'emploi pour adultes" constate une lectrice, émue par sa lecture des Rendez-vous de Toussaint (treizième et dernier roman actuellement paru d'Yves Couturier). "Vous écrivez pour leur expliquer pourquoi quand on est enfant on réagit…" S'imbriquent en effet intimement dans ses phrases les réflexions de l'enfant et celles du narrateur adulte qu'il est devenu.
"Je dois écrire comme cela parce que je n'ai pas eu d'enfance, que quelque chose m'a échappé. Il y a un stade que j'ai sauté directement."
      Le thème du père revient dans tous ses livres, ainsi que celui de la mort. "Il est vrai que j'ai été traumatisé parce que mon père est mort quand j'avais six ans. Je suis obsédé par le père parce qu'il m'a tellement manqué. En écrivant cela me revient. Plein d'images surgissent. C'est peut-être une manière de communiquer avec mon père." explique-t-il encore.

      Les livres d'Yves Couturier n'en sont pas pour autant autobiographiques. "Je suis romancier avant tout, j'invente les personnages, les situations, me documente au besoin sur place et auprès d'anciens, comme pour écrire Arthur de Buyer, roman sur les mineurs du site, fermé depuis 1958, de Ronchamp-Champagney."

      Yves Couturier confie écrire le plus facilement lorsque une situation l'émeut profondément. Ainsi, Mon papa est en prison, fut écrit après avoir vu une petite fille hurler en sortant du parloir de la prison où il animait un atelier d'écriture. Il n'en savait pas la raison, se posa des questions, et cela aboutit au livre émouvant que l'on connaît.
      "L'écriture vient bien quand je suis en colère, quand quelque chose m'émeut, une injustice ou je ne sais quoi. Elle m'évite de taper sur mon voisin, de faire des bêtises, j'écris jusqu'à ce que cela passe. C'est un défouloir."
      Cela donne des pages souvent émouvantes, savoureuses et pleines d'ironie, écrites dans une langue vivante, musicale et acérée à la fois, Yves Couturier ne cachant pas ses opinions, ce qui confère à ses écrits vérité et authenticité, en même temps qu'humour. Et des ouvrages relativement courts et denses, parfois écrits en six mois, parfois plus longuement comme le prochain, sur le métier depuis cinq ans déjà. Mais, chut, il fera l'objet d'une prochaine publication.

 

       

 

Rencontre avec Jean-Pierre Biot
au Café Littéraire luxovien, l'après-midi du 27 janvier 2006. 
par Adéla :


"Ecrire est un bonheur", confie Jean-Pierre Biot qui encourage tout un chacun à le faire.
Né en 1941, il a découvert ce bonheur tardivement puisque c'est en 2002 seulement qu'il commence à écrire son premier ouvrage après avoir été instituteur, photographe, puis rédacteur d'une publication à modeste dimension cantonale.
Il écrit sur la table de sa cuisine, le dos à la fenêtre pour éviter que le regard s'égare, à partir de notes et plans dont il a couvert des cahiers d'écoliers. Ceux-ci sont émaillés de listes de mots, d'expressions, de souvenirs de rencontres, de détails qui feront " image " pour le lecteur. La rédaction du manuscrit s'effectue ensuite au propre, à l'aide d'un porte plume…  mettant ensuite son épouse à contribution pour taper le texte selon les normes requises par l'éditeur.
Dans l'écriture de Jean-Pierre Biot transperce la mission dont l'instituteur, formé par l'Ecole Normale de Vesoul qu'il fut, se sent investi. Ses ouvrages, jusqu'à présent parus chez l'Harmattan, sont largement étoffés de textes et autres documents pour l'enseignement du lecteur, et témoigner d'un passé révolu, celui qu'il a connu. Aussi sont-ils largement autobiographiques, même si le dernier, Le Ravin aux couleuvres, est présenté comme un roman. Il y met en scène aussi bien les enfants que les commères, le tout baignant dans la rusticité et la chaleur des gens de campagne dont il fait la peinture, dans l'immédiat après libération, en 1944, sur les hauts de Servance, en Haute-Saône, quand le pays n'était pas encore tout à fait libéré.
Dans Une vie plus loin c'est sa vie et l'histoire de la Polynésie lorsqu'il y fut instituteur effectuant son service militaire dans la coopération qu'il décrit. Quant à la formation à l'Ecole Normale qu'il reçut, telle qu'elle se pratiquait autrefois, puis l'installation sans confort du jeune instituteur dans les campagnes reculées lors de son premier poste, elles sont racontées dans son premier ouvrage : Maître d'école tout simplement.
" Simplement ", le mot qualifie bien les livres, nullement ennuyeux, à la portée de tous, et l'homme qui les écrit, très proche de ses lecteurs, soucieux de rendre compte des anciennes valeurs et d'un bonheur de vivre, même âpre, qu'on a hélas perdus.

 

 

Rencontre avec Monique Ponty

 

Monique Ponty à Luxeuil©MFG

 

 

 

 

 

 


Monique Ponty à Luxeuil
Photo : Marie-Françoise Godey


    

A l'invitation de la bibliothèque municipale, 
Monique Ponty venait en voisine à Luxeuil, 
le mercredi 7 décembre 2005, 
pour dédicacer ses ouvrages 
et présenter son parcours.

 

 

Rencontre avec Mario Morisi

      

 

par Marie-Françoise Godey :

Mario Morisi est venu à la bibliothèque municipale Luxeuil le samedi 8 octobre à 10 heures, accompagné de son éditeur, présenter son ouvrage : Castor Paradiso, paru aux éditions Tigibus, sous le pseudonyme de Mario Absentès, à l'occasion du Mois du patrimoine écrit et de Lire en fête.

Personnage déconcertant, Mario Morisi a plusieurs noms d'auteur, dont il joue à plaisir: "Je est plusieurs...", en une sorte de "schizophrénie contrôlée", indique-t-il. Ainsi, il dévoile signer tantôt Belqacem-Schwarz, Seamus Anderson, Mario Absentès, Vernon Bulgari, Heraldo Flynn, tantôt lui-même, et Pierre Launey, dans sa prochaine parution.  Autant de pseudonymes que de genres d'écriture, celle du roman noir, celle du journalisme, etc. 

Il s'attache à montrer dans Castor Paradiso, qu'un personnage, sous une apparence très typée peut en cacher un autre... 
Très décontracté et jovial, Mario Morisi a donné quelques clefs qui permettent d'aborder son roman, déroutant au premier abord, un roman qualifié peut-être à tort de noir et qui est finalement prétexte pour son auteur à une déclaration d'amour à la ville de Besançon, lieu du roman. Car si Mario Morisi est, de part ses signatures, plusieurs personnes, il se dit être également de plusieurs  lieux, ceux où il a séjourné, et qu'il aime tous autant, et de plusieurs langues, qu'il mêle à plaisir dans ses oeuvres, étant de par sa naissance et les voyages de sa famille dès sa prime enfance, de plusieurs cultures : française, italienne, etc. et polyglotte.
Très ouvert et curieux, Mario Morisi, s'est ensuite enquis des goûts de lecture de chacun. Peut-être pour y répondre dans un prochain ouvrage ?
Bref, il a su donner aux personnes présentes envie de lire son livre, et à celles qui l'avaient déjà lu, de le relire sous une autre lumière.

 

 

  

Rencontre avec Françoise Ascal

 

Le Café Littéraire luxovien 
recevait le 3 mai 2005, à 20 heures,
Françoise Ascal 
pour une Lecture-rencontre,  
à la Bibliothèque Municipale
 de Luxeuil, 
dans le cadre des manifestations 
"Librairies en fête, printemps 2005", 
conjointement avec la
la librairie Fleurot 
et le soutien du
CRLFC . 

 

 

   

 

 

 

Françoise Ascal à Luxeuil
Françoise Ascal à Luxeuil
Photo : Jean-Jacques Titon

par Marie-Françoise Godey :

Françoise Ascal était accueillie par le Café Littéraire et ses amis luxoviens, dans cette région de Haute-Saône où elle a beaucoup de "couches de mémoire", et une "source d'écriture" par le fait qu'elle y a vécu dans sa toute petite enfance, à Melisey,  "ces moments d'initiation, d'ouverture au monde, que sont les  premiers émois, les premières sensations, premières odeurs, première lumière... Quelque chose qui s'est ancré en moi ". Elle confie aussi : " J'avais une grand-mère extrêmement silencieuse, l'écriture s'est enracinée dans un silence, une souffrance, un manque de mots qui font suffoquer, auxquels il faut trouver une issue. Mes mots sont nés de ce silence ". Dans La Table de veille, son dernier ouvrage (paru chez Apogée en 2004), dont elle lira de larges extraits, elle écrit : " Que mes mots soient fidèles au savoir d'une paysanne, qu'ils subissent le sort de la distillation ". 

La discussion portera essentiellement sur ces thèmes: le devoir d'attention de l'écrivain aux mots. La sincérité de l'écrivain dans le sens de la recherche d'authenticité dans sa démarche, pour être dans une vérité de ce que l'on a à dire.
Non évidemment de tout dire. Si Françoise Ascal part de ses carnets, de son journal, il y a dans l'écriture, dit-elle, un travail d'élagage, une construction nécessaire pour que l'on puisse partager ce qu'on écrit, c'est la maîtrise de l'écriture. Même quand il est nourri de l'expérience intérieure, le livre publié se différencie du journal intime , l'écriture ne se confond pas avec la confession ! 
Roger Munier présent à cette rencontre précisera : "La sincérité de l'écrivain c'est de trouver le mot juste. Si un écrivain est infatué de lui-même, rassurez-vous, ça passera dans le style, il écrira des choses puantes, il n'écrira pas des choses convaincantes.". Et aussi: "L'expérience de l'écriture est quelque chose de très étrange qui lorsqu'elle est faite réellement est bouleversante. Elle a tué Rimbaud pratiquement, il a été obligé de changer de vie, de partir, de foutre le camp. L'écriture a détruit Artaud...
Et Françoise Ascal d'indiquer: "Mon ambition n'a jamais été de construire une oeuvre littéraire qui serait un but en soi, le but c'est d'accéder à quelque chose d'authentique et de repousser la confusion, le chaos intérieur. Le fait de mettre des mots sur cette opacité permet d'aller vers plus de lumière et plus de clarté." L'écriture pour Françoise Ascal "est imbriquée dans une recherche de vie, dans la vie. Elle doit avoir un effet sur la vie, ne pas en être coupée."
Françoise Ascal s'est exprimée aussi sur le lieu de son imaginaire. Elle est de ces auteurs qui font entrer les lieux qu'ils aiment dans la littérature, les parent de couleurs qu'ils n'ont peut-être que pour eux. Roger Munier dira: "De grands écrivains ont contribué à créer un climat autour d'une région. Mauriac pour les Landes, alors qu'elles sont absolument incolores, inodores et sans saveur. Et Chardonne disait: "Ce n'est pas la Charente qui m'a fait, c'est moi qui ait fait la Charente". Un échange extraordinaire se fait entre le lieu très précis et vous, et il ne faut pas vous dire que vous êtes de ce lieu très précis si ce lieu vous l'avez d'une certaine manière crée. 

Françoise Ascal à la bibliothèque municipale de Luxeuil
De gauche à droite : M-F. Godey, Françoise Ascal, 
M. et Mme Roger Munier.  Photo : Jean-Jacques Titon

    

"Votre Melisey, même le Melisey de votre grand-mère dont vous parlez si bien, si tendrement et si justement, pratiquement il est votre création, c'est un lieu ascalien."
"T
out à fait, il faut transfigurer" ajoutera Françoise Ascal pour qui de tous les lieux "l'écriture est le lieu le plus sûr et à la fois le plus fragile", et de citer Abdelatif Lâabi " Le lieu le plus sûr est la grotte de papier". 

Elle confiera: que la blessure est effectivement au coeur de la démarche d'écriture. Et que l'écrivain lorsqu'il écrit, livre beaucoup de choses à son insu, surtout dans l'expérience poétique. Que l'on n'écrit pas que pour soi, mais aussi pour être aimé. Qu'il y a quelque chose d'émerveillant, lorsque l'on reçoit des signes. Alors notre pierre, notre caillou d'écriture n'est pas tombé dans un puits sans fond, dans le silence. Et il n'est pas si grave que le lecteur n'ait pas perçu exactement tout ce que l'on a voulu y mettre. Chaque lecteur faisant son propre chemin dans l'oeuvre, dans le travail, dans l'écriture, s'en appropriant une part. Il m'arrive de me dire: soit les lecteurs me trouvent déprimante parce qu'ils voient mon côté noir, soit ils me trouvent lumineuse parce qu'ils voient mon côté amour de la vie. J'aurais aimé qu'ils voient les deux faces. Mais cela ne fait rien puisqu'il y a quand même une rencontre, quelque chose de l'ordre de la solitude qui en est brisée pour un petit moment, un petit instant. Et de citer la phrase d'Anne Hébert, poète québécoise : " Je crois à la solitude rompue comme du pain par la poésie". 

(Autre rencontre avec Françoise Ascal)

 

Rencontre avec Marie-Thérèse Boiteux

 

Marie-Thérèze Boiteux à Champagney
Marie-Thérèze Boiteux à Champagney
Photo : Etienne Mouhot

   

La médiathèque de Champagney
recevait l'écrivain 
Marie-Thérèse Boiteux  
le 23 octobre 2004 à 14h30  

par Martine Mouhot :

Une rencontre-lecture avec Marie-Thérèse Boiteux, a eu lieu le samedi 23 octobre 04, à l'occasion des dix ans de la Médiathèque de Champagney. Bonne humeur et humour ont traversé cette rencontre-lecture, et la petite fille pleine de malices, attentive à la vie autour d'elle et prête à raconter à tout le monde ce qu'elle voit, découverte dans " Amer, chocolat ", se retrouve dans l'auteur, installée à la table. Invitée à lire un extrait de ses livres, pour faire découvrir une écriture classique mais travaillée, Marie-Thérèse Boiteux démarre - au hasard, bien entendu - par une description de vidange de fosse septique, pendant la guerre avec toute la précision nécessaire… Marie-Thérèse Boiteux a présenté ses livres, sa manière de travailler, le sérieux de son travail de recherche et d'écriture - il lui faut plus d'un an pour écrire un volume, prise alors entièrement par ses personnages jusqu'à en rêver - reconnaît ne pas avoir de modèles d'écrivains et vit cela comme un atout : elle est suffisamment en dehors des connaissances littéraires pour imposer son style, mais après une relecture sévère de ses amies, Josiane et Huguette, toutes deux professeurs, dont l'avis la fait trembler comme pour un examen. Ce qu'elle souhaite avant tout c'est distraire le lecteur et lui faire passer un moment plein d'optimisme… L'auditoire a apprécié sa joyeuse vivacité et a été convaincu de se plonger dans la lecture d'un de ses livres, assuré de passer un bon moment ! 

 

par Marie-Françoise G. :

Une petite femme toute simple, une petite tête de pomme aux yeux renfoncés, presque fermés, qui soudain s'animent, s'ouvrent très grands, s'éclairent et deviennent rieurs et malicieux lorsque vous la questionnez. Une petite femme joviale, qui fut chipie dans son enfance heureuse qu'elle raconte dans "Amer, le chocolat", au moment où elle fut, avec des milliers d'autres, déportée en Suisse pour le temps de la guerre. Une petite femme à l'aise, d'un naturel optimiste, entreprenante qui nous a fait passer un franc moment de gaîté et de rire à nous présenter ses livres, comme à des amis, agrémentant ses réponses aux nombreuses questions d'anecdotes, éditoriales et autres, plus plaisantes les unes que les autres. Une petite femme qui a le souci de ne pas ennuyer son entourage non plus que ses lecteurs : toujours après un épisode un peu triste, elle rebondit sur un fait gai. Une petite femme née à Belfort, à fort accent franc-comtois, qui s'est penchée sur les archives généalogiques de la famille de son mari et sur celles des seigneurs Colin du petit village de Valoreille, archives remontant jusque vers 1500, pour produire "Les renards cuisent au four" et "Les planches au Roi", sans pour autant que ce soit dans le but d'écrire une thèse historique, mais au contraire un ouvrage avec lequel tout un chacun, cultivé ou pas, passera un bon moment de lecture. Une petite femme qui part de faits réels qui l'interpellent pour démarrer un livre, tel celui où une femme accouche seule dans une grange poussiéreuse, emplie de toiles d'araignées. Et se documente sur l'industrie et les techniques pour le mener à bien, comme dans "Les neiges de la sainte Catherine" qui se passe vers Morteau, en pays horloger. Une petite femme toute imprégnée du sujet de ses livres et de ses héros le temps qu'en dure l'écriture, au point que même ses rêves parfois lui servent. Une petite femme qui, comme tout écrivain, donne d'elle-même dans certains personnages et prend modèle autour d'elle pour d'autres. Une petite femme qui imagine aussi beaucoup pour écrire et construire ses romans. Bref, une petite femme pétillante qui fleure la joie de vivre et d'écrire, qui avoue avoir toujours eu de la chance, et a su la saisir. Et des livres qui lui ressemblent.

par Adélà :

Ancienne enseignante, Marie-Thérèse Boiteux s'est mise à écrire une fois ses enfants grandis et partis. Ses goûts en lecture sont très éclectiques : elle cite Maupassant, Colette, Clavel et les livres un peu gais. Elle ne recherche pas ceux où l'on se torture, et ne veut non plus infliger une torture au lecteur. Elle aime les livres un peu épais avec lesquels le plaisir dure longtemps. Ses parents lisaient énormément, ce n'était pas, à l'époque, des bandes dessinées bien qu'existaient déjà les Pieds nickelés.
Il va falloir  que je m'y mette, il serait temps, dit-elle, afin de pouvoir discuter avec mes petits enfants! On sent de la rigueur dans son travail. Elle a le souci de la perfection et donne à lire ses manuscrits à Josiane et Huguette, professeurs de latin et grec, en souffrant les affres du bachot, car elles émettent franchement leur avis et sont intransigeantes, à l'inverse des personnes de sa famille ou de ses amis avec lesquelles le lien affectif joue trop dans le jugement. Ensuite seulement elle les présente sans crainte aux éditeurs. Et ils sont pris, et se vendent tellement bien qu'ils sont réédités. Ses ouvrages par ailleurs seraient de bons sujets de films. Dommage que jusqu'à présent aucun réalisateur ne les ait acceptés. Sur demande d'une troupe d'acteurs, elle a écrit une pièce de théâtre qui ma foi a bien marché, alors, elle a récidivé. Son prochain livre traitera de la guerre de 1914, elle se servira pour l'écrire du précieux carnet de route d'un soldat de l'époque qu'elle a pu, par chance, récupérer. 

 

 

 

Rencontre avec Anne Luthaud

 

Anne Luthaud©Alain jean André
Anne Luthaud à Luxeuil
Photo : Alain Jean-André 

   

Le Café Littéraire luxovien 
accueillait le 14 octobre 2004, à 20 heures,
l'auteur Anne Luthaud 
pour une Lecture-rencontre,  
à la Bibliothèque Municipale de Luxeuil, 
dans le cadre des manifestations 
"Librairies en fête", en partenariat
avec le CRLFC et la librairie Fleurot. 

 

par Marie-Françoise G. :

Anne Luthaud, menue et souriante, aux mêches de cheveux quelque peu rebelles, pour se présenter a d'abord lu un extrait de son premier roman Garder d'une voix douce et posée. Car, quelque part, le personnage prénommé  Louise , c'est elle. 
"Les jours de pluie....... les baisers sous la pluie, c'était une manière de renaître......
"Je suis Louise, je suis brune, j'ai les mains fines, les cheveux courts, les jambes longues." D'elle-même elle a également mis dans les autres héros, avoue-t-elle, bien que le narrateur choisi pour mettre entre elle et le livre une certaine distance, Pierre, le gardien de phare, soit un personnage masculin. 

Garder, roman d'une écriture simple, épurée, fluide et qui se lit presque avec avidité, tant on désire connaître l'histoire de Pierre, "C'est une plongée dans la folie ", "écrit en quelque sorte pour faire le ménage, se libérer " remarqueront certains lecteurs. 
– " Sans doute ! Et qui montre où peut mener l'amour, l'amour fou, et la séparation." précisera-t-elle. 
Mais, très discrète, elle n'en dira pas plus sur elle-même. Elle est venue avant tout présenter son livre, celui-ci étant une construction élaborée à partir d'éléments intimes, de souvenirs, mais aussi de recherches, d'observations, d'histoires et de confidences faites, à elle, par d'autres personnes.

Aurait-elle répondu si les fans de cinéma, retenus hélas ailleurs par une séance d'Art et Essai ce jeudi, l'avaient questionnée sur son activité au sein de la revue Cinémas-Croisés à laquelle elle participe ? Elle qui, somme toute, a un parcours assez hétérogène : tour à tour directrice d'études à la Fémis, lexicographe dans une maison d'édition, auteur d'une pièce de théâtre : Les Clés, la grand-mère et la haine, bientôt jouée en région parisienne et publiée en 2005 dans le même recueil que son prochain roman dans le titre duquel entre le prénom :  Marin, qui n'a aucun rapport avec la mer, déclare-t-elle.

Outre de larges extraits de son livre Garder, Anne Luthaud nous a lu des passages de son travail en cours, effectué à Bourogne où elle est actuellement en résidence d'écrivain. Des textes élaborés à partir de mots à elle donnés par les enfants et les personnes de ce village tels maison, vin ou quand... 

 

Anne Luthaud©Alain jean André
Photo : Alain Jean-André 

    

par Marie :

Anne Luthaud ne se dévoile pas vraiment. Ce qu'elle veut bien dire est inséré sans doute dans les pages de son livre. Au lecteur de deviner. 
Est-ce un hasard si, outre le passage de Louise emprunté pour se décrire, elle a tenu à lire celui où le narrateur décrit Pierre à son fils Jules qui ne le connaît pas, puis celui où, plus tard, il décrit Jules à son père? Ils se terminent tous deux par : 
"... n'aime pas qu'on lui pose des questions. Si on essaie tout de même, il ne répond pas. Il fait comme s'il n'avait pas entendu. Mais un peu plus tard, au cours de la conversation, l'air de rien, il répond."

Dans une autre page de son livre, le narrateur confie : "J'ai fait comme si je n'avais pas entendu, et je l'ai laissée partir." 
Est-ce une attitude coutumière à Anne, de se donner ainsi le temps de réfléchir, d'affiner ses réponses ? Personne ne lui a posé la question.
Mais elle a déclaré être friande des remarques et observations des lecteurs rencontrés, dont elle pourra faire son miel, et a semblé, en reprenant la route pour Bourogne, être enchantée de nos échanges.

 

Rencontre avec Catherine Flamand 

par Marie-Françoise,  11 juin 2004 

A Champagney avait lieu ce 11 juin une lecture rencontre avec la jeune auteur d'un ouvrage proposé dans la brochette des livres présélectionnés au prix Marcel Aymé 2004 : Catherine Flamand. Elle était invitée, avec l'aide de l'Association du Livre et des Auteurs Comtois (ALAC), à l'initiative de Martine Mouhot directrice de la médiathèque très active de cette petite ville. 

Coauteur du livre Le puits de la tortue  qui avait été loin de recueillir les suffrages des lecteurs puis ceux du jury, Catherine Flamand est venue néanmoins présenter courageusement son travail, expliquer sa démarche, les grandes lignes du projet initial de cette écriture à deux (ou quatre ?) mains, puisqu'il s'agit d'une correspondance entre deux femmes qui peu à peu dévoilent leurs secrets, leurs fantasmes, leurs rêves, leurs chagrins, évoquant les problèmes de l'amour, la mort, la fidélité, les enfants, etc. 

Catherine Flamand nous a dévoilé, des deux auteurs, qui a écrit qui, en endossant le beau rôle de Madeleine la douloureuse. Et s'il y a dans la correspondance de ces deux femmes une grande similitude d'écriture elle serait due au fait que lors d'une seconde phase de travail elles auraient en quelque sorte lissé le texte l'une de l'autre, l'une par l'autre, tant et si bien, qu'hélas, maint lecteur en arrive à se demander s'il s'agit réellement d'une écriture à deux ou si c'est un artifice. 

L'auteur n'a pas éludé la question de la recherche d'un éditeur pour ce livre élaboré un peu par jeu, issu d'une réelle correspondance avec l'auteur cosignataire Michèle Paris. Elle a proposé l'ouvrage, comme tout débutant, d'abord aux grandes maisons d'édition. Et si au bout de neuf mois Les éditions de l'écrivain ont accepté Le puits de la tortue, c'est à compte d'éditeur affirme-t-elle avec l'accent de la sincérité, ces éditions le faisant depuis peu pour quelques ouvrages. 

A la fois simple, abordable, un rien maniérée, peut-être par l'effet d'un fond de timidité à vaincre ou restant sur ses gardes, se voulant sympathique et s'adaptant à l'entourage, mais par certains aspects fuyante bien que déterminée, Catherine Flamand laisse l'impression d'une personne assez énigmatique et difficile à cerner. Un peu comme les protagonistes de son livre qui n'ont pas trop les pieds sur terre : " Nous dirions que… ". Elle avoue avoir mis beaucoup d'elle même dans ses lignes. 

Une question pourtant resterait à poser : 
    -- Madeleine, que vous dites incarner dans votre livre, modèle l'argile et sculpte. Pourquoi avoir choisi cet art plutôt que la photographie que vous pratiquez ? Vous y êtes-vous essayée? Car on imagine mal vos mains avoir la poigne pour le faire.

 

Rencontre avec Françoise Ascal

 

La Médiathèque municipale de Champagney recevait, avec l'aide du CRLFC, 
Françoise Ascal 
pour une lecture-rencontre 
le vendredi 16 avril 2004 à 18h30

 

Françoise Ascal à Champagney©Marc Paygnard
Françoise Ascal à Champagney. Photo : Marc Paygnard

 

par Marie-Françoise :

Rien ne prédispose les non natifs de la Haute-Saône, à lire Un automne sur la colline, si ce n'est que s'y trouve la célèbre chapelle de Le Corbusier.

Pourtant, me voici avec ce petit livre rouge entre les mains (quand je l'aurai lu je dirai : rouge sang), acheté lors de la lecture rencontre avec cet auteur organisée par la bibliothèque de Champagney, village situé à quelques kilomètres de Ronchamp. L'auteur, depuis l'enfance, vient régulièrement à Mélisey, village de sa grand mère, lui aussi à proximité de Ronchamp et de sa célèbre chapelle Notre Dame du Haut, qu'elle a pratiquement vu construire.

De Françoise Ascal, je n'ai presque rien lu. Ecouté attentivement ce soir-là, de larges extraits de ce dernier livre qu'elle lisait: des lettres imaginaires adressées à Simon, tirailleur sénégalais mort au combat à 20 ans en octobre 44 sur la fameuse colline de Bourlémont.

Au fil de la soirée et des échanges Françoise Ascal nous a confié
- Se sentir proche des personnes de "silence" telles sa grand-mère Adèle qu'elle évoque dans le livre.
- Ne pas écrire pour faire un "effet" qui plaise au lecteur.
- Utiliser abondamment et principalement une matière autobiographique (jetée sur le papier depuis l'adolescence où elle ressentait déjà le besoin d'écrire un journal, des notes, des poèmes).
- Que son imaginaire a été entièrement façonné par le plateau des mille étangs où elle a passé tous ses étés jusqu'à l'âge adulte, et où elle conserve encore une ancienne maison familiale à Mélisey (Haute-Saône).
- Avoir été potière de profession et travailler, peaufiner ensuite longuement ses textes comme on lisse l'argile.
- Avoir été en contact avec la souffrance par son travail d'accompagnement en milieu hospitalier.

Enfin, elle nous a livré, peut-être le plus profond d'elle-même en lisant la lettre dans laquelle elle évoque les paroles de l'auteur suédois Pär Lagerkvist :
La prière du soir
          Que l'angoisse de mon coeur jamais ne se retire
          Que jamais je n'aie la paix
          Que jamais je ne me réconcilie avec la vie, non plus qu'avec la mort
          Que ma route soit sans fin, vers un but inconnu

Prière poignante, bouleversante, qui met mal à l'aise, car c'est l'inverse de ce que l'on demande habituellement dans une prière... Mais n'est-ce pas demander de continuer à vivre, que de ne pas accepter le repos, le repos éternel ?

Comme cette prière, quelques rares citations, en exergue du livre ou au détour des pages, sont des moyens de dire, de se dire, par des voix autres qui l'ont fait si bien qu'il n'y a pas à retoucher, et dans lesquelles l'auteur se reconnaît. 

Ainsi la brune Françoise Ascal, chevelure restée couleur "aile de corbeau", si fine, si fraternelle, si attentive, si humaine, le visage éclairé d'un sourire, vêtements noirs et rouge écharpe, serait-elle intérieurement si sombre, si triste, si angoissée ?

Le découvrir au fil de pages où ses phrases coulent agréables et musicales comme une source de montagne, pardon, de colline.

(Autre rencontre avec Françoise Ascal)

 

 

Performance avec Roland Chopard

par Marie-Françoise, 27 mars 2004.

Nous devions voir une exposition de la maison d'édition: Æncrages & Co à la bibliothèque des 4As de Belfort. Nous y sommes arrivés passé cinq heures, après avoir traversé une partie de la ville dans le vent froid, j'ai toujours trouvé que Belfort était une ville de froid et de vent, pour trouver portes closes. Elle n'ouvrait, la bibliothèque, que jusqu'à 17h, il est vrai que nous étions samedi.

 

Ensuite, nous sommes allés assister Tour 46, toujours à Belfort, à une performance, toujours d'Æncrages & Co : un plasticien, un musicien, un danseur, un poète faisaient œuvre commune.    ©Alain jean André
©Alain jean André     Compagnie "Pour l'instant" :
Danse : Denis Detournay
Musique : Yann Vaneck
Peinture : Jean-Michel Marchetti
Textes : Roland Chopard
Photos : Alain Jean-André 


En 25 mn le peintre a réalisé pas loin d'une vingtaine de toiles, non figuratives, d'environ 40*40 cm, je me demande si ensuite il les vend, pendant que le danseur s'animait, évoluait, se contorsionnait plus ou moins lentement, que le musicien tirait des sons ( harmonieux, un peu gitans, parfois discordants) de ses instruments (guitares, puis clarinette),  et que le poète, haut et fort, scandait de temps à autre quelques paroles, puis des phrases, puis du texte plus long, surtout  "sans lyrisme". 
Dans ce lieu de pierre, voûté, des anciennes fortifications Vauban, sa voix grave portait sans qu'il y eut nécessité de micro, un peu couverte parfois par le musicien, c'était alors à qui s'imposerait. Le danseur, lui, évoluait en silence, "trace de pas, pas de trace" disait entre autre le poète, sans qu'on sache si elles étaient singulières ou plurielles. 
D
ans une odeur de cire chaude, le peintre, très concentré, mais qui ne le paraissait pas et semblait travailler imperturbablement  sans avoir à réfléchir, tellement il doit avoir l'habitude de ce genre de spectacle, traçait quelques traits droits ou courbes qu'il tirait de son pinceau , ou points qu'il écrasait ou gouttes de cire chaude qui chutaient, avec un son mat... sur une toile, puis passait à la suivante, et ainsi de suite. Puis il revenait sur chacune avec une autre couleur : noir (ou brun Van Dick ?), puis du blanc, ou pas, pour des traits, droits ou courbes, voire des gouttes, voire du remplissage... au gré de l'inspiration engendrée par le lieu, par le texte, par le mélange des matières, par les sons musicaux, par les mouvements du danseur lui même inspiré par le lieu, le texte, le peintre, le musicien, lui même inspiré par... etc. 
Tout cela sans presque de lumière avec laquelle le danseur lui aussi jouait, parfois son ombre sur la voûte, une main démesurée, suspendue...
J'aurais préféré que chacun fasse son numéro séparément. Je ne me souviens pas des textes, tout au plus de quelques bribes de paroles. Le mélange des genres est source de distraction, on ne prête pas son attention à chacun en particulier comme il le mériterait peut-être. Si bien que l'ensemble m'a paru bien froid, même le danseur pieds nus, vêtu de blanc, avait des gestes froids et sûrs,  se gardant de toute émotion, de toute expression, un mime au visage impassible. Ce n'étaient pourtant pas des automates ! 

 

 

Rencontre avec Roger Munier

 

Visite de  Roger Munier au Café Littéraire luxovien, l'après-midi du 
20 février 2004. 

   

Roger Munier au Café littéraire luxovien ©Alain Jean André
Roger Munier et son épouse au CLEC, au Café littéraire luxovien;
Photo : Alain Jean-André 

par Françoise Ascal :

Une rencontre est annoncée fin février avec Roger Munier, comme j'aimerais me glisser dans la salle ! J'aime son œuvre depuis longtemps, point de jonction entre la poésie et la réflexion philosophique, parfois difficile d'accès mais capable de nous ouvrir de belles méditations...

 

par Marie-Françoise G. :

Roger Munier a gravi péniblement les marches qui montent à la salle du CLEC où l'attendaient les membres du Café littéraire de Luxeuil. Dès qu'il fut installé il a pris la parole. Les personnes venues ce jour avaient lu de lui le recueil d'aphorismes Opus Incertum paru en 2002, et craignaient des propos trop philosophiques. Il n'en fut rien. 
Il s'est présenté lui et son parcours :
Ses problèmes vertébraux depuis jeunesse. 
Ses études secondaires pas du tout littéraires, mais philosophiques et théologiques, à Luxeuil, au séminaire Saint Colomban. 
Son excellente situation dans le monde de l'industrie. 
Son travail d'écriture de cinq à sept heures le matin avant de partir où son emploi l'appelait. 
Les noms prestigieux du monde de l'édition, parmi lesquels ceux de personnes amies ou simplement connues et côtoyées: Heidegger, Paz, Juarroz, qu'il a traduits, Sollers, Sullivan, Cioran, Réda, etc. 
Ses réceptions d'autrefois chez lui des mercredis. 
L'excellent accueil gastronomique que leur réservait son épouse avec qui il communique dans sa langue natale, l'espagnol, parlée chez eux, à la maison. 
L'Espagne où il se rendent souvent, au bord de la mer, et où vit sa fille.  
Sa vie professionnelle et ses nombreux déplacements et voyages dont celui au Japon, à l'origine d'une réflexion et d'une recherche dans l'écriture à la limite de la poésie et de la philosophie, pour tenter de dire au plus juste, au plus court le ressenti de l'instant (ces aphorismes sont rassemblés dans différents ouvrages dont les Opus Incertum, récemment parus chez Gallimard); à l'origine aussi de son activité de directeur de la belle collection "Espace intérieur", chez Fayard. 
Sa vie "en marge", retirée, à l'écart, de la vie parisienne, au Lyaumont, dans les Vosges saônoises.
Sa distinction de Commandeur de l'ordre des Arts et Lettres. Méritée, et qu'il porte. 

Traducteur, polyglotte, il fut questionné sur le recueil : Haïku, premier de la  collection dirigée chez Fayard. Confia qu'il ne traduit que ce qu'il aurait aimé écrire. Qu'il faut être écrivain soi-même pour traduire, et que tout écrivain se devrait de le faire, par exercice. Toucher de plus près aux mots. Ne pas en rajouter, viser au plus court en n'omettant rien, en gardant l'esprit. Déplore le trop de paroles dans les traductions de certains.  
Roger Munier
constate le manque de réels grands écrivains dans la littérature française d'aujourd'hui. 

   

Nous a confié aussi ses nuits éveillées, passées à tourner et retourner dans tous les sens une phrase qu'il voudrait écrire.  Ses petits papiers épars dans la maison pour dire l'instant, le ressenti qu'il note à tout moment de la journée et n'importe où dès que la phrase qui l'exprime le mieux surgit, pour ne pas la perdre. Que, si, ce jour de belle lumière, il eut été seul dans cette pièce il aurait tenté d'écrire sur l'argent qui joue dans les branches des arbres du parc, face à la large porte fenêtre.

L'auteur également a lu, puisés au hasard des ouvrages, quelques uns de ses aphorismes, lentement avec une force verbale et une respiration qu'on attendait pas de ces phrases et qui les rendent d'emblée dans sa bouche percutantes. 
Ainsi qu'un long texte (paru dans le dernier numéro de la revue Europe ) : L'absent, son père qu'il n'a pas connu, décédé alors qu'il n'avait que neuf mois.  Ce texte émouvant dit le vide, le manque avec lequel il a dû se construire, seul. 
Enfin, Roger Munier a dévoilé ce sur quoi il est en train d'écrire : Le Paradis perdu, pourquoi celui-ci est perdu une fois mangé le fruit de l'arbre de la connaissance : il n'était que dans les rêves, et se révèle tel que le monde âpre et prosaïque dans lequel nous vivons chaque jour.
L'auteur ensuite, qui ne se déplace pas sans emporter sa pipe et son tabac,  à demandé l'autorisation de fumer, besoin de détente ressenti par cet homme qui avoue n'être pas optimiste, n'être jamais bien, ne serait-ce que physiquement...

Bref, nous avons eu le plaisir de découvrir un personnage important, conscient de sa valeur, qui a souhaité venir se dire, en simple visiteur accompagné de son épouse.

 

P.S. Pour la petite histoire : Roger Munier qui ne s'est pas mis à l'informatique et tape encore ses textes comme autrefois sur une ancienne machine à écrire, a eu connaissance de l'existence de notre Café littéraire luxovien par sa fille, via l'Espagne, grâce à Internet et à notre site !

 


Photos : Alain Jean-André 

 

par Adéla,  :

Roger Munier nous a informé au cours de ses propos qu'un auteur en général, il ne fallait pas le rencontrer, mais le lire. L'homme, à de rares exceptions près, ne correspondant pas à l'idée qu'on s'en fait. 

J'ai découvert Roger Munier en chair et en os. Je le connaissais de longue date par ses traductions de haïku japonais et quelques uns de ses recueils d'aphorismes. J'étais heureuse de rencontrer enfin cet homme dont certaines phrases faisaient écho en moi à un ressenti personnel. Des moments de vécu sans mots, des sensations de l'ordre de l'indicible qu'il sait dire. 

J'ai été frappée par la vigueur morale de ce personnage, mais aussi par une certaine rudesse que ses phrases et ma façon de lire trop sentimentale sans doute ne me laissaient pas soupçonner. Roger Munier nous a révélé avoir été élevé par trois femmes, et n'en avoir pas été efféminé pour autant. On l'a vu à la façon virile dont il a lu, puis, lorsque pour exprimer une idée et donner un exemple d'intonation en langue étrangère, il n'a pas hésité à frapper du poing sur la table. Egalement, lorsqu'il a demandé à son épouse, en espagnol, de lui rendre un service, sur un ton élevé qui semblait peu amène. Il est vrai qu'à la pauvre, qui a des problèmes d'audition,  il faut parler très fort. Violent  Roger Munier ? Autoritaire c'est certain.

 

Rencontre avec Jean-Paul Klée

par Adéla, le 19 septembre 2003 :

Au livre sur la place, à Nancy, le simple visiteur ne pouvait pas deviner qu'il était accueilli par peut-être le plus grand poète alsacien vivant actuellement.
Grand de plus de deux mètres, tenue beige, cheveux et barbe grisonnants, aucune place n'était réservée pour lui par les éditeurs ou libraires présents à cette manifestation littéraire. Sans badge pour le différencier, sauf sa haute stature attirant l'attention, courbé vers ceux qui arrivaient,  il
se contentait, debout dans l'entrée, de distribuer patiemment et timidement, presque en rougissant et s'excusant, mais avec opiniâtreté, l'énorme liasse de tracts qui vantaient, non lui-même et son talent, (il n'avait pas de livre à vendre), mais une autre cause. 
Autrefois militant contre la bombe atomique, le Rhin pollué, les lycées Pailleron...,  il s'effaçait une fois de plus, afin d'attirer l'attention des lecteurs sur l'oeuvre d'un ami, jeune écrivain,  qui dédicaçait non loin ses ouvrages sur l'étal d'un libraire… 
Jean-Paul Klée, à l'écriture particulière, fait partie des meilleurs, est l'auteur du célèbre poème "Crucifixion alsacienne" (1970). Plus récemment il a publié: Poèmes de la noirceur de l'Occident, ( BF Editions 1998), Rêveries d'un promeneur strasbourgeois, (La Nuée Bleue, 2001). ...Oh dites-moi Si l'Ici-Bas sombrera ?..., (Arfuyen, 2002). 
Bien peu le savaient ces jours-là à Nancy. 

Déception

par Sophie M. :

Je suis allée à un salon littéraire le 23 août 2003, à Forges les Eaux, un endroit très à la mode pour les Parisiens, pour le week end, avec le Club Med et le super casino ! Un endroit très joli. J'avais eu une invitation par un ami, et je n'ai pas pu résister à l'envie d'y aller. 
Nous étions vraiment parmi les écrivains. De jeunes écrivains, la nouvelle génération surtout, tel que Abecassis, Rouanet, Roth, etc... Mais quelle déception, des gens fiers, snobs, qui aiment qu'on les regarde, prétentieux, imbus de leur personne, pédants, et moqueurs. Moi qui aime tant lire, cela me dégoûterait de lire ! Je n'aurais jamais cru ces gens comme cela, je n'ai peut-être pas eu la chance de rencontrer les meilleurs ! 
De toutes façons je ne généralise pas, il doit y en avoir des biens dans le nombre, et heureusement. Tu vois toi, à Nancy, tu as rencontré des gens humbles !

 

 

Rencontre avec Marc Petit

par Marie-Françoise G.,  le 13 juin 2003 :

En fait ce n'est pas une lecture que nous a faite Marc Petit, mais la présentation de son dernier livre: L'équation de Kolmogoroff, enquête sur le destin de Wolfgang Vincent Döblin mathématicien de génie et de son père Alfred, auteur de Berlin Alexanderplatz dans le contexte de l'histoire des intellectuels et savants juifs d'Allemagne et d'Europe centrale émigrés sous le Troisième Reich. 
Marc Petit était venu au Lavoir-théâtre d'Épinal à la demande de l'association Housseras-Döblin (Housseras, nom du village lorrain de la famille Döblin, où Wolf s'est suicidé à 25 ans et est enterré).  Il y faisait très chaud en ce milieu de juin, et l'auteur méritant, passionné par son sujet, sans se plaindre a vraiment mouillé sa chemise devant un auditoire attentif.
Poète, romancier, essayiste, spécialiste en littérature allemande qu'il enseigne à l'université de Tours, Marc Petit est en outre un excellent conteur.  Habitué à l'auditoire des amphis de fac, il nous a expliqué, comme à bâtons rompus, avec talent, humour et simplicité la gestation et la teneur de ce livre écrit à la demande de Zéline Guéna des éditions Ramsay. 
Ne connaissant ni les maths, ni la vie de Wolf Döblin, muni au départ d'éléments si ténus qu'il avait à peine de quoi faire une nouvelle (d'après les dires du jeune frère de Wolf), il a , à force de recherches, de contacts, d'aide de mathématiciens spécialistes de Döblin, d'intuition aussi, réussi à faire un ouvrage de plus de quatre cents pages sur un homme fermé, qui ne parlait pas, et avait adressé, quelques mois avant son suicide, à l'Académie des sciences, sous pli cacheté (ouvert seulement en avril 2000), un mémoire "Sur l'équation de Kolmogoroff" dans lequel il anticipait la théorie moderne du calcul des probabilités, de plus de quarante ans ! 
Profondément humain, Marc Petit nous a avoué s'être attaché à ses personnages, s'être pris à les comprendre, à deviner le seul lien possible entre ce père et ce fils si différents l'un de l'autre, si opposés l'un à l'autre : l'intérêt commun qu'ils ont eu de ce qui est aléatoire ! L'un, Alfred, le père, l'appliquant à la  psychiatrie et à la littérature; l'autre, Wolf, le fils aux mathématiques. 
Bref, il nous a donné follement envie de lire son livre.

 

 

Rencontre avec  Pierre Autin-Grenier

Le Café Littéraire luxovien 
accueillait le 4 mars 2003, avec l'aide du CRLFC,  
l'auteur Pierre Autin-Grenier 
pour une Lecture-rencontre, à 20 heures à la Bibliothèque Municipale de Luxeuil :

Pierre Autin Grenier©Alain jean André
Pierre-Autin Grenier à Luxeuil les Bains; 
Photo : Alain Jean-André 

par Marie-Françoise G., :

J'avais préparé quelques questions à poser à Pierre Autin-Grenier. Mais que lui demander lorsque dans le large éventail de textes lus on avait déjà entendu les réponses ?

Ainsi la question  « Comment  vous est venue votre vocation d'écrivain?» tombait à l'eau lorsqu'il nous lut le texte "L'écrivain" : « Oisif déterminé et paresseux par choix, sans doute n'avais-je d'autre solution pour échapper à la monotonie du commerce et de l'industrie. »
De même il avait  expliqué sa méthode d'écriture en lisant "Je n'ai pas grand chose à dire en ce moment" : « Je passe mon temps à prendre des notes sur un petit carnet de cuir noir qui m'accompagne partout. »  Suit le travail de tout écrivain sur la langue à l'aide de dictionnaires pour la recherche du vocabulaire, puis la mise en forme et en rythme des textes, etc. Et là, impossible de paresser !
Lui faire préciser qu'il souhaitait s'évader de sa campagne devenait inutile après avoir entendu la lecture de "La campagne, les marchands de machins et les adventices du septième jour" : « Moi la campagne m'a toujours réduit l'encéphale en bouillie et filé un bourdon du tonnerre. » 
Sa manière toute particulière de voyager, de s'échapper,  il nous l'avait fait partager en lisant : "Rêver à Romorantin" : « Le plus souvent quand on s'en va, on ne sait jamais où aller » ; 
ou "Le désert du Kalahari" : « Mais depuis qu'on m'a offert un "Atlas International", que j'y ai déniché ce coin maintenant bien à moi................je fais illico le vide dans ma tête et traverse peinard le désert du Kalahari! »; 
ou encore "Des nouvelles du Montana": « Peut-être que si je me rendais en personne dans le Montana, à Great Falls ou à Billings par exemple, je m'y sentirai aussi seul qu'ici, aujourd'hui, écrivant ces lignes ».
Alors ! le questionner sur son blues après avoir entendu cela et  lui avoir demandé de lire "Pince-moi, je rêve !", -- ce à quoi il s'est aimablement prêté --, eut été indiscret, il avait déjà livré de lui ce qu'il voulait. 

Son humour tendrement désespéré, son rapport au monde et au temps, on les trouve dans ses textes, qu'il qualifie lui-même de « chroniques douces-amères du quotidien », il suffit de les lire.

 

par Martine M. : 

Pierre Autin-Grenier était à Luxeuil, l'autre soir , invité par Marie-Françoise du café littéraire. Il nous a lu plusieurs de ses textes , avec bonheur, et j'ai beaucoup aimé sa vision sur le monde, la vie. Je n'ai regretté qu'une chose, c'est de ne pas le voir sourire ! L'humour cacherait - il de grandes blessures ? J'ai trouvé dans Histoires secrètes -- on dit que c'est son livre le plus noir -- une citation sur l'enfance qui m'est allée droit au cœur : "J'ai vécu , enfant , dans cet enfer faisant chaque jour le chemin vers un jour plus sombre, arpentant quartier par quartier la solitude , soulevant le couvercle des poubelles pour y renifler les derniers quignons du ciel."  Quel chemin parcouru depuis, l'humour léger -- à sa manière, est une belle réponse au mal de vivre, c'est pour cela que je voulais le voir sourire , mais tu as raison Marie-Françoise, c'est dans ses yeux que brille éphémère son sourire ou… derrière un bon verre de vin , auquel il se réfère si souvent ...  Une chose est sûre, c'est que ses histoires nous offrent des instants de rêve, de poésie ! Encore un auteur plein d'humanité ! C'était un bon choix , merci !

 

par Valérie Titon :

Quelle belle soirée organisée par le Café Littéraire Luxovien !
Tout d'abord, moi qui habite à Luxeuil depuis peu, j'ai été très agréablement surprise de voir un auditoire aussi nombreux et aussi attentif, assistant à une réunion que l'on peut difficilement qualifier de "grand public".
Et puis surtout, j'ai découvert le style si particulier de Pierre Autin-Grenier, mêlant poésie et humour, et je me suis délectée de cette lecture faite par l'auteur lui-même.
Je pense pouvoir dire que nous avons tous été conquis.
A quand la prochaine soirée de ce type ?

 

par Marie, :

Pierre Autin-Grenier pour cette lecture qu'il donnait à la bibliothèque municipale de Luxeuil, était accompagné de son chien et de son épouse. L'on devine, à l'attitude silencieuse, discrète et efficace de celle-ci tout ce que l'auteur lui doit. Elle est une présence, un appui sûr, un soutien. Grâce à elle il vit, il peut écrire, et par ricochet nous avons le plaisir de le lire. On la retrouve  dans nombre de ses textes, ni tout à fait elle, ni tout à fait une autre. Si parfois il écrit être tenté de s'en éloigner, il y revient toujours. Et tant pis si Pierre Autin-Grenier se sent un peu frustré lorsqu'elle a la vedette comme dans le texte "L'écrivain" qu'il nous a lu, elle mérite bien qu'on lui tire la révérence !


 

 

Rencontre avec  Bernard Comment

par Marc C.,  le 25 novembre 2002 :

Bernard ……comment ? 
Cela m'a rappelé une collègue homonyme qui, à l'école, ne s'est pas privée de jouer avec son nom. Allait-on rencontrer le même humour avec Bernard Comment, jeune auteur et pourtant chevronné ? Eh bien oui !

Pour un Suisse, transformer son pays natal en mer intérieure pour des motifs cupides est bien la preuve que l'humour est présent chez cet auteur. Humour grinçant ou poétique, Bernard Comment manie le verbe avec bonheur, et sait traduire en mots ses talents d'observateur. J'ai apprécié avant tout ses nouvelles, où la satyre n'est pas absente et provoque mieux que la pompeuse philosophie des érudits, des réflexions sur la vie que nous menons. 

Bernard Comment superficiel ? Oh que non ! Si les fictions sont savoureuses, il est capable aussi de vous faire partager la vie réelle avec ses "Eclats de Cuba", et il est tout aussi capable de vous faire partager sa curiosité en allant faire un tour, digne d'un historien, parmi les "Panoramas du XIXème siècle", véritable esprit publicitaire avant l'heure. 

Il y a un an cet auteur m'était parfaitement inconnu, mais croyez-en mon expérience de lecteur impénitent : il mérite le détour. Il faut nous en commettre d'autres, Bernard ! .…"comment ?"

Deviendrait-il sourd à ma requête ?

 

par Marie-Françoise G., le 25 novembre 2002:

J'ai eu l'occasion de rencontrer Bernard Comment à la bibliothèque de Champagney. Après nous avoir lu des extraits de son livre Le colloque des bustes, il s'est prêté aux questions du public, aimablement, son sourire poupon de quarante-deux printemps attendant les remarques.
Le corps avec ses secrétions, que la frénésie d'hygiène et de toilette à l'américaine, tente de dissimuler est l'un des thèmes qui frappe dans ses livres. Il constate que l'on s'oriente de ce fait de plus en plus vers une procréation qui tente à devenir entièrement artificielle... 
Un autre thème souvent abordé : celui du corps atrophié, peut-être dit-il parce qu'il est originaire d'un pays sans héros, la Suisse, où le seul qu'il puisse admirer est Blaise Cendrars, engagé volontaire et revenu de la guerre de quatorze, amputé de son bras droit.
Quant à sa façon d'écrire : il attend les idées en lisant son journal, ainsi disponible, il les griffonne dans des carnets toujours prêts dans ses poches. La rédaction ensuite s'effectue debout devant un lutrin,  il aime marcher en écrivant. Ce n'est que la version définitive du manuscrit qui sera tapée à l'informatique. Ainsi, un livre peut mettre des années avant d'être bouclé : trois ans pour Le colloque des bustes, cinq pour Florence, retours

 

par Martine M., le 25 novembre 2002 :

Ces quelques heures passées en compagnie de Bernard Comment, du collège à la bibliothèque, furent un voyage étonnant, entre la Suisse dont il dénonce les travers et l’énergie inventive à se protéger de la mort, l’Italie et la concentration de tous les pouvoirs médiatiques dans les mains d’un seul homme, système qui peut se propager en Europe selon lui, Florence et Cortona où nous avons tous vu une certaine "Annonciation" de Fra Angelico , Héricourt, où s’est arrêtée l’armée de Bourbaki, immortalisée par un panorama, immense peinture qui relate la retraite de l’armée française en Suisse. Au repas, nous avons parlé de ces petites fugues en littérature romande, et des écrivains. Puis ce fut l’heure de la rencontre, de la lecture du "colloque des bustes", des pages d’amour, ponctuées d’elle – lui, elle, lui. Quelle magie ! Bernard Comment, c’est un regard passionnant, qui s’interroge sur notre monde, mais, ne tient-il pas un peu du peintre, l’écrivain ?

 

Rencontre avec François Bon 

 

par Martine M., les 10 et 11 décembre 2002:

Un mot sur François Bon rencontré à Salins les Bains , à l’occasion d’un stage où il animait un atelier d’écriture : à partir de textes d’auteurs contemporains . C’est quelqu’un de très chaleureux et de très attentif qui nous a bousculés dans nos perceptions des écrits actuels !

 




Rencontre avec Vahé Godel

 

par Philippe S., le 29 novembre 2002: 

Nous avons eu plaisir à aller écouter Vahé Godel lire ses textes l'autre soir, comme d'habitude ces manifestations sont assez peu fréquentées... J'avais lu, il y a longtemps Du même désert à la même nuit, j'ai acheté cette fois Les frontières naturelles, toujours la même écriture -- un texte éparpillé en fragments, que l'on reconstruit tout au long du livre.

 

par Marie, le 29 novembre 2002:

Vahé Godel, poète, est connu pour ses traductions d'Arménien, il a fait une lecture de ses propres textes au théâtre Granit à Belfort.
J'en retire l'impression qu'il ne se livre pas vraiment en public, du moins dans ce qu'il nous a lu. Il reste secret, timide peut-être, questionne plus qu'il ne répond. Il faudrait le connaître mieux, avoir lu l'intégralité de son oeuvre sans doute pour le cerner.
Pourtant, l'
Elégie parue dans Le journal des poètes n°3 Bruxelles d'automne 2002 est d'une puissance et d'une bouleversante clarté. 
Peut-être aurait-il eu trop d'émotion à nous la lire ?


 

Rencontre avec Noëlle Revaz 

 

par Martine M., le 23 novembre 2002:

Je suis allée écouter Noëlle Revaz à la bibliothèque de Montbéliard, parler de son livre " Rapport aux bêtes ".
Elle travaillait régulièrement pour la radio , écrivant des billets d’humeur. Quand elle a trouvé le langage particulier de son personnage, elle a pu construire son histoire ! Ses racines avec la campagne sont très lointaines. Elle a voulu faire quelque chose de violent , en ce sens, c’est très réussi !

 

par Adéla, le 22 novembre 2002: 

Je suis heureuse de découvrir cette rubrique, et vais en profiter pour vous parler de Noëlle Revaz
Sachant devoir la rencontrer aux journées "petites fugues en littérature romande", j'avais apporté à Besançon son livre Rapports aux bêtes à dédicacer. Je fus surprise ! Rien dans sa taille menue, son apparente timidité ne laissait présager dans cette jeune femme, l'auteur d'un tel livre.
Je le lui dit, étonnée qu'avec cette jeunesse, cette candeur presque, elle ait déjà acquis l'expérience qui lui permette d'écrire cette histoire.
Elle me répondit que dans ce livre, rien, absolument rien n'était issu de son vécu, qu'elle avait tout inventé, imaginé. 
Qu'en fait, elle écrivait pour combler un vide. Ce qui laisse perplexe.

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